1.04 - Maybe Tomorrow
Guest
Star : Megan Fox alias Victoria, Catherine Zeta-Jones alias Mme. Garner et Sean
Connery alias M. Garner
Il
l'avait plantée
là, affolé.
Par peur de se voir fouillé
par les agents qui se pointeraient quelques minutes plus tard et qui finiraient
bien par trouver les substances illégales
qu'il trimbalait au fond de ses poches. Mais il l'avait tout de même laissée
la, au beau mileu d'un parc, en pleine overdose. Le lui pardonnerait-elle ?
Depuis le moment où il l'avait quittée
pour s'en retourner comme si de rien était
avec le restant de la gang, plus aucune nouvelle. Il n'avait absolument aucune
idée
de se qu'il pouvait bien être advenu de Jessica.
Jason
était
entré rapidement et avait directement filé dans sa chambre au deuxième. Il
n'avait adressé la parole à personne en entrant et leur avait bien fait
comprendre par un regard convainquant qu'il n'était
pas d'humeur à se faire déranger.
Bianca
se demandait où était
passée
son amie, l'ayant vue partir avec le jeune homme moins d'une heure auparavant.
Quoique que ces temps-ci elle ne savait jamais ce qu'elle pouvait bien
fabriquer, toujours à faire ses petites affaires dans son coin. Jamais Jessica
n'avait autant exclue sa meilleure amie de sa vie, de son quotidien.
Brittany
elle, espérait
toujours le jour où Jessica quitterait la maison pour de bon, le jour où cette
californienne debridée
allait enfin cesser d'exercer son pouvoir d'attraction sur son Jason.
Elle la détestait
du tout au tout. Sa facon de toujours vouloir se faire aguicheuse auprès des
hommes, son rire contagieux. Tout le monde n'avait de yeux que pour elle.
Quelques soirs plus tôt, le gang l'avait presentée
à quelques uns de leurs amis et toute la foutue soirée,
le centre d'attraction avait toujours été
cette petite brunette qui se prenait pour quelqu'un d'autre. Jessica avait beau
être chiante, rêche, bête ou encore bitch, les gens s'en foutait et la
suivait comme une troupe de mouton. Quelle scène pathétique
! Elle en vomirait tellement la vue de cette fille lui soulève le coeur. Après
que Jason eu pulvérisé
son coeur comme dans un blender, Jessica s'occupait définitivement
de réduire
ce qui en restait en bouillie. Elle le voyait la regarder avec des yeux de
merlan frit, des yeux avides de passion et de caresses, regard qui lui était
autrefois réservé.
Pensive,
allongée
sur le sofa avec une bouteille de rhum a la main, elle écoutait
un disque pop, excessivement bonbon. Alex sur l'autre sofa, prit l'oreiller
derrière sa tête pour se le mettre sur le visage comme pour se cacher.
Brittany
: Al, qu'est-ce que tu fous, merde ?
Alex
: Fuck, as tu entendu ce que tu me fais endurer depuis d'interminables minutes ?
Ce putain de pop a la con, c'est même pas de la vraie musique ! Changes ce
disque ou je vais m'énerver,
Britt ! Je suis sérieux
!
Brittany
réussit
difficilement à se mettre sur ses deux pieds pour aller changer la musique.
D'un pas plus que chancelant, elle approcha du stéréo
mais à la dernière seconde, alors qu'elle allait y arriver, elle vascilla et
tomba.
Alex
: Whoa ! Qu'est ce que tu bois ? Ca m'a tout l'air de te faire de l'effet !
La
jeune fille s'esclaffa.
Brittany
: Al, comme le proverbe le dit, tous les chemins menent au Rhum !
Alex
: Et à la Tequila !
Il
lui montre sa bouteille de 40 onces de Tequila Bang Bang et elle empoigne sa
propre bouteille du bout des doigts.
Alex
: Allez, on trinque ! À la dolce vita qu'on mène !
~
~ ~
~ ~
Il
se rongeait de remords, assis sur le sol, adossé
contre le mur. Les jambes repliées,
Jason avait la tête appuyée
dans ses mains. Peut-être était-elle
morte ? Il se devait de le savoir, maintenant. Depuis deux heures déjà, il
restait inactif sur le plancher à penser à des tonnes de choses en même
temps.
Pourquoi
se préoccupait-il
autant d'elle ? Après tout, ce n'était
qu'une fille, non ? À part Britt, toutes ses conquêtes n'avait été
et n'étaient
que des histoires d'une nuit, sans conséquences
ni tracas sentimentaux.
Mais
avec elle, ce n'était
pas pareil. Il ne pouvait détourner
son regard d'elle dès qu'ils étaient
dans la même pièce, son oreille, toujous attentive à écouter
sa voix doucereuse, et sa peau, toujours prête à un contact corps à corps
avec cette adolescente au corps de femme.
Il
se leva enfin, enfila ses baskets et descendit dans la cuisine où il croisa
Bianca alors qu'elle se saisissait d'une canette alu de Pepsi dans le frigo.
Bianca
: Hey... T'aurais pas une idée
d'où pourrait être Jess ?
Jason
: Non vraiment pas, on s'est séparés
au bout de la rue...
Il
mentait même en sachant que la vérité
ne saurait tarder à éclater.
Jason
: Faut que j'y aille...
Sur
ce il se rua a l'extérieur,
tout en s'allumant un joint qui allait l'aider a relaxer.
~
~ ~
~ ~
Jason
faisait les cent pas devant l'hôpital, se sentant incapable d'y entrer. Si ca
se trouvait, il s'était
peut-être trompé d'établissement
!
Il
bu une, non deux, trois, quatre, cinq gorgées
de Tequila, la même qu'Alex, c'est d'ailleurs lui qui lui en avait versé
un peu dans son flasque, puis armé
de son courage, qui tenait d'ailleurs plus du mirage de l'alcool qu'autre chose,
entra dans l'hôpital et demanda son chemin à la réceptionniste.
Réceptionniste
: Vous êtes de la famille ?
Jason
: Non, elle n'en a plus. Je suis... Son petit ami... Elle va bien ?
Réceptionniste
: Il faudra voir le médecin
pour plus d'informations... Voilà. Chambre 407 dans l'unité
des soins intensifs.
Jason
: Merci.
Il
prit l'ascenseur pour se rendre au quatrième étage
et durant ce temps il se rappela les faits. N'était-ce
pas lui qui avait propose de lui faire un speedball ? Il savait pourtant
d'expérience
que cette concoction pouvait s'avérer
dangereuse voir même mortelle. S'injecter un speedball c'était aussi
hasardeux que de jouer le jeu de la roulette russe. Une chance sur deux de
mourrir. Pile tu vis, Face tu meurs.
Lorsqu'il
arriva pour entrer dans la chambre, un homme d'âge avancé
avec une blouse blanche, probablement le médecin,
l'arrêta.
Médecin
: Elle est assez mal en point... Il n'y a que quelques minutes qu'elle est
sortie du coma, vous savez.
Jason
: Du coma ?
Alors
c'était
vraiment sérieux.
Et il en était
le seul responsable. Un autre vent de culpabilité
l'assaillit jusqu'au plus profond de ses tripes.
Médecin
: Vous êtes de la famille ? Nous n'avons
retrouvé
aucune pièce d'identité
sur elle. La personne qui a logé
l'appel d'urgence nous a mentionné
qu'elle de prénommait
Jessica mais nous n'en savons pas plus puisque la personne en question a
apparemment déguerpit.
Jason
y pensa deux fois avant de répondre
quoique ce soit, c'était même lui qui avait enlevé les cartes du
porte-feuille de Jessica. Après tout, Jessica était
mineure, mais surtout, en fugue à l'autre
bout du pays, à plus de 4000 kilometres de la résidence
familiale.
Jason
: Rebecca Miller. Elle vient de
Chicago.
Médecin
: Nous croyons que la surdose est accidentelle... Elle s'est injecté
un mélange
d'héroïne
et de cocaïne. La cocaïne accélère
le rythme du coeur pour approximativement trente minutes, Ses effets
disparaissent et puisque ceux ci se dissipent plus rapidement que ceux de l'héroïne,
l'héroïne
ralentit alors brutalement les pulsations cardiaque ce qui provoque des
difficultés,
voire même un arrêt respiratoire. C'est ce qu'on appelle une surdose à
retardement.
Il
était
sans voix. Il n'avait qu'une envie; la voir, la prendre dans ses bras, sentir la
chaleur de sa peau parfumée
contre son corps, vérifier
qu'elle était
bien en vie.
Il
entra dans la piece et s'arrêta à pas plus de quelques pas de la porte. Elle
lui faisait dos et sanglotait violemment.
Agitée
de spasmes, en sueur, elle tuerait pour un peu de réconfort.
Combattre le poison par le poison, apaiser la douleur intense qui la tenaillait
dans tout son être. Lui aussi, voudrait lui offrir un peu de réconfort
même si ce n'est pas de ce genre de réconfort
là qu'elle désirait.
Il se sentait voyeur, voleur de son intimité,
planté
là, à la regarder discrètement pleurer les larmes qui exhorte la souffrance
hors de son corps. Il la fixe là, alors qu'elle est si vulnérable,
fragile, comme une fillette dénuée
de repères,
Jessica
: T'aurais au moins pu rester.
Il
sursauta, sorti de sa torpeur. Que pouvait-il répondre
? Elle avait raison...
Jason
: Je suis désolé.
Jessica
: Être désolé
ne change rien... Te rends tu compte que j'aurais pu y rester ? Tu m'a laissé
là, j'étais
sur le dos, ils m'ont retrouvée
en train de m'étouffer
avec mon propre vomi.
Déclaration
qui eut l'effet d'une bombe. Elle tournait le couteau dans la plaie; la plaie béante
de sa culpabillité.
Il ne pouvait pas ouvrir la bouche pour parler, tenue fermée
par le fait qu'il savait que rien de ce qu'il pourrait dire ne pourrait faire décolèrer
Jessica.
Jessica
: Sors moi d'ici.
Jason
: Jess...
Elle
se tourna sur son lit pour lui faire face. Elle planta son regard dans le sien,
elle était
vraiment fachée
ca se voyait...
Jessica
: Quoi ?
Elle
avait un air misérable.
Jason
: Le médecin
a dit que tu venais à peine de sortir du coma, je crois vraiment pas que ce
soit une bonne idée...
Jessica
: Je te rappelle que c'est ta faute.
Si
c'était
ce que ca prenait pour qu'elle lui en veuille un peu moins... De toute facon, ce
n'était
certainement pas la première fois qu'il ferait un acte illégal
!
Jason
: Okay... Mais fais ca vite ! Personne ne doit nous voir. De toute facon, ca
doit être mieux que tu partes, j'ai donné
un faux nom au médecin.
Sinon ce serait trop facile de te retrouver...
Jessica
: Ca risque d'être un peu difficile... Regarde moi l'état
! En plus, je n'ai plus de vêtements, ils doivent être consignés...
Jason
: J'ai peut-être une idée
pour les vêtements...
Jessica
: Laquelle ?
Jason
: J'ai une paire de jeans de rechange que je traîne toujours dans mon sac. Si
je te les donne, que tu mets ma ceinture et mon coton ouaté...
Ca devrait sûrement faire l'affaire.
Il
lui mit le tout sur la petite table de bois près du lit. Elle les enfila tout
de suite, se déshabillant
nue sans pudeur devant les yeux ébahis
du jeune homme qui finalement, gêné
par la situation se retourna.
~
~ ~
~ ~
Bianca,
Alex, Emma et Brittany étaient
assis autour de la table de cuisine lorsqu'il entrra dans la maison. Quelle
surprise ce fut ! Personne ne s'attendait à le voir là.
Alex
: Hey Jul' ! Mais putain, qu'est-ce que tu fais ici ?
Julian
: Je reviens dans le coin, vieux !
Emma
: Contente que tu reviennes ! Tout va redevenir comme avant, c'est cool !
Il
n'avait pas l'air aussi convaincu.
Julian
: Mwais... Vous ne faites pas les présentations
? Qui est cette charmante demoiselle ?
Emma
se retourne vers Bianca, un sourire en coin.
Emma
: Jul' je te présente
Bianca notre recrue de l'année
! Bi, ca c'est Julian, l'heureux propriétaire
des lieux !
Julian
: Salut !
Bianca
répond
d'un simple "allo",
intimidée par son interlocuteur, cette homme d'un
charme indéniable.
Julian
: Alors t'es ici depuis combien de temps ?
Bianca
: Deux semaines. En fait, y'a ma meilleure copine aussi, Jess... Mais en ce
moment, impossible de te dire où elle est !
Emma
: Ouais j'avais peut-être oublié
de mentionner la princesse chiante !
Julian
s'esclaffa.
Alex
: Elle est bien comme fille. Y'a que Britt et toi qui la détestiez
!
Julian
: Britt ? C'est pas son genre de ne pas aimer quelqu'un... Qu'est-ce qu'elle lui
a fait ?
Alex
rit et se tourne vers Julian. Ce dernier, en voyant l'expression du visage
d'Alex, se mit a en ricaner un bon coup.
Alex
: Ton p'tit Jay est com-plè-te-ment fou d'elle !!
Julian
: Oooh... Je vois ! Elle doit être folle de rage !
~
~ ~
~ ~
En
entrant dans la maison, il la serrait dans ses bras, la soutenant, l'aidant à
avancer. Lorsqu'ils passèrent près du salon, tous le monde les dévisagèrent.
Heureusement, la tête bien au fond du capuchon du coton ouaté
de Jason, Jessica était
méconaissable.
Jason
coucha Jess dans son lit; il veillerait personnellement sur elle à présent.
Mais elle protestait, voulait se lever aller chercher des trucs dans sa chambre.
Jason
: Dis le, ce que tu veux, Jess. Je vais aller te le chercher.
Jessica
: Je veux n'importe quoi qui va remettre sur pied, merde ! Du speed, de la coke,
de l'ecstasy, de l'alcool, je m'en fous !
Jason
: Take it easy, baby girl ! Tu viens juste de te taper une OD, prends ca
relax, okay ?
Jessica
: Non merci. Je me sens comme un tas de merde en ce moment, j'ai une humeur exécrable.
Je me tuerais. J'ai BESOIN de quelque chose., Je me fous totalement de ce que tu
peux penser.
Jason
: Tu
commences à être accro, c'est ca ? C'est pour ca tes tremblements, sueurs
froides et vomissements ? Je t'avais dis de faire attention. Faut pas jouer avec
la came. L'héro,
c'est une classe à part, une tout autre game. T'as quinze ans, t'as la
vie devant toi... Jess, penses-y deux fois, okay ?
Jessica
: Je te l'ai dit, qu'est-ce que t'as pas compris ? Je me contrefiche de ce que
tu penses !
Jason
: Fais donc ce que tu veux !
Sur
ce, il tourna les talons et quitta sa propre chambre alors que Bianca, elle, y
entra.
Bianca
: OUF ! Veux tu bien me dire ou tu étais passée ? Tu es dans un sale état,
t'es tu vue ?
Jessica
: Ouais c'est bon, je suis au courant. Si le monde pouvait bien de foutre la
paix !
Bianca
: Veux tu arrêter seulement deux secondes ? Merde, c'est a peine si je t'ai vue
dans les deux dernières semaines, c'est pas normal !
Jessica
: Qu'est-ce que tu veux que je te dises ?
Bianca
: Je sais pas, n'importe quoi ! Je suis pas partie de chez moi pour être toute
seule, je suis partie pour mener la grande vie avec toi ! Réveilles, Jess !
Jessica
: C'est pas facile pour moi, Bi...
Bianca
: Quoi, tu crois que pour moi c'est facile ?! Détrompes toi au plus vite, parce
que je te jure que ca ne l'est pas.
Jessica
: C'est pas la même chose...
Bianca
: Ah oui ? Alors pourquoi tu ne m'en parles pas ? Tu me disais tout avant et
maintenant, plus rien, pas même un putain de mot. Comment tu veux que je devine
? C'est la dope, c'est ca ?
Jessica
: Mais enfin, qu'est-ce que vous avez tous avec la maudite drogue ? Foutez moi
la paix, combien de fois est-ce que je vais devoir vous le répéter ?! Moi, je
suis partie de chez nous pour
pouvoir faire absolument tout ce dont j'avais envie, pour arrêter d'avoir mes
putains de parents sur le dos. C'est pas nécéssaire de chercher à les
remplacer et me faire la morale, je n'en ai rien a faire !
Bianca
: Ralentis un peu... Je sais que la drogue et toi, c'est une longue histoire
d'amour, mais la laisse pas te tuer comme elle l'a fait avec ton frère.
Jessica
se mit a rire franchement alors que Bianca n'y comprenait rien. Jessica pensait
a son overdose. Si seulement son amie savait. Mais elle n'avait pas l'intention
de lui dire non plus.
Jessica
: De quel droit est-ce que tu parles de lui ?
Bianca
: Je suis seulement inquiète pour toi !
Bianca
laissa échapper un long soupir, découragée.
Bianca
: Je t'ai jamais vue en prendre autant, et dieu sait à quel point tu as pu
abuser de la dope dans le passé. En plus, c'est pas comme si tu fumais des
tonnes de shit ou que tu te mettais a être accro aux speeds... De la coke, de
l'héro ! Putain Jess, regardes ton frère qui est rendu six pieds sous terre,
penses à ma mère qu'on a déjà surprise en train de vendre son cul sur le
sunset strip pour un peu de came. T'as envie de finir comme eux ?
Jessica
se leva du lit, alla se mettre a deux pouces du visage de son amie et la fixa
dans les yeux :
Jessica
: C'est déjà fait.
Elle
quitta la pièce, la maison, le quartier, non sans difficulté, au grand damn de
Jason et Bianca.
~
~ ~
~ ~
C'était
ce qu'on appellait avoir le choc de sa vie. Après un an d'incertitude, de
regrets, de remords, il était la. Mais ca n'apaisait en rien les tourments
qu'il avait laissé derrière lui. Un an a se ronger intérieurement, un an a en
faire une obsession morbide.
Lorsqu'elle
l'avait vu, Jenny s'était refugiée immédiatement dans sa chambre au deuxième
étage, ̎̎̎leur
̎̎̎
chambre. Et c ̎̎̎est
maintenant qu'elle
comprenait le désarroi
de Brittany. Elle allait désormais
partager sa vie avec un homme qui autrefois partagait aussi ses sentiments.
Allait-elle pouvoir y arriver ? Pouvait-elle réellement
se résigner,
le voir chaque jour sans pouvoir agir avec lui comme avant ?
Le
temps le dirait mais Jenny n'avait
même pas envie de le savoir.
~
~ ~
~ ~
Jessica
s'était enfuie une fois de plus, préférant toujours la fuite à la
confrontation. Maintenant, elle serait surement obligée de tout avouer à
Bianca. De son overdose jusqu'à ses escapades solitaires à Long Island City près
de Queensboro Bridge. Elle avait pris le métro jusqu'à Central Park. De là,
elle marchait sans destination précise dans les rues avoisinantes.
L'adolescente fumait un joint acheté un peu plus tôt à un punk dans le métro.
D'un
coup sec, en avant d'un building commercial, elle jetta le joint le plus loin
qu'elle put.
La
raison ? Sa mère, sur le trottoir avec des collègues de travail qu'elle
connaissait bien, à quelques mètres d'elle.
Jessica fut saisie de panique. Que ferait-elle, aller lui parler ou
l'ignorer ? Telle était la question... Mais la réponse ne se fit pas attendre;
Mme Garner griffonna une note sur un bout d'ancienne facture, s'approcha
subtilement et glissa le billet dans la main de sa fille puis s'en alla en
l'ignorant, comme si de rien était. Pas même un bonjour ou quoique ce soit...
Rien.
Ca
y était. Sa mère l'avait donc reniée comme elle l'avait fait auparavant avec
son fils. Elle déplia la facture et y trouva deux billets de vingt dollars.
¨
Otto restaurant
1,
5ième avenue
Demain,
13h¨
Jessica
connaissait bien cette pizzeria italienne pour y être allée plusieurs fois
avec ses parents lors de ses précédants séjours à New-York. Elle y serait à
l'heure convenue même si ca ne lui disait rien. Après tout, elle devait bien
ca à sa mère.
Elle
avait envie de déchirer l'argent en milles morceaux. Et voilà que sa mère répétait
un autre geste qu'elle faisait avec son frère. Comme toujours, ce que ses
parents faisait de mieux, c'était de donner de l'argent à leurs enfants,
pensant qu'ils en seraient plus heureux. Ca les réconfortait de savoir que matériellement
ils ne manquaient de rien alors que relationnellement parlant, c'était zéro.
~
~ ~
~ ~
Jessica
était revenue à la maison.De toute facon, peu importe l'endroit ou elle
allait, elle se sentait piégée. Elle descendit au sous-sol, là où leur
chambre, à Bianca et elle, était située. Bianca avait emprunté le stéréo
de Jenny et écoutait un peu de musique.
Jessica
: Tiens, voilà quarante dollars pour toi.
Bianca
: J'en veux pas de ton argent.
Elle
lui jeta les deux billets au visage.
Bianca
: Tu l'as eu comment ? En faisait le trottoir ? Jenny m'a tout dit, elle, au
moins.
Jessica
: Quoi ?
Bianca
: Le gars dans la voiture l'autre soir. Bravo, j'espère que t'es contente !
Merde, quand je pense que je t'ai cru tout ce temps !
Jessica
: Va chier ! Pis en passant, l'argent venait de ma mère !
Elle
se pencha, rammassa les billets, sortit de la chambre et claqua vivement la
porte. Elle monta au deuxième étage et entra à toute allured dans la chambre
de Jason. Ce dernier était allongé sur son lit, le jeans défaits, le sexe
sorti; Il se masturbait littéralement.
Jessica
: Oh my god ! C'est définitivement la dernière chose que je m'attendais à
voir en entrant ici !
Jason
: Bah quoi, c'est pas comme si tu l'avais jamais vue !
Il
lui souria, l'air moqueur.
Jason
: Alors, qu'est-ce qui t'amènes ici ?
Jessica
: Bianca me tape sur les nerfs. Je supporte plus d'être
dans la même pièce qu'elle !
Elle
se mit à quatre pattes sur le lit, s'avanca langoureusement puis s'assit tout
près du jeune homme.
Jason
: Bon... Et qu'est-ce qu je peux faire pour toi ?
Jessica
: Pas grand chose... Juste passer un peu de temps avec moi et,,, Un peu d'héro
peut -être ?
Il
la dévisagea, l'air totalement désaprobateur.
Jessica
: Quoi ? Seulement pour quarantes dollars !
¨Bonne
manière de dépenser le fric de ma mère.¨ se dit-elle.
Jessica
: Peut-être que tu trouves que quarante c'est pas assez ?
Elle
approcha son visage de celui de Jason, empoigna son sexe d'une main et de
l'autre, Releva son chandail très haut, dénudant sa poitrine dévoilée par un
léger soutien-gorge en dentelle turquoise.
Jessica
: Alors ?
Habituellement,
il aurait succomber presque qu'immédiatement à la vue des seins bronzés de la
jeune fille á ses côtés, que d'ailleurs, le soutien-gorge coloré mettait
parfaitement en valeur.. C'est avec un brin de résignation qu'il se dégagea et
se leva debout assez rapidement.
Jason
: Mais arrêtes, merde ! Penses tu réellement que je vais te donner de la came
parce que je tu vas me laisser te baiser comme un putain de client ?! C'est
vraiment ca que t'as dans la tête en ce moment ?! Si c'est le cas, t'es
vraiment qu'une salope, hein ?!
Jessica
: Tu te prends pour qui pour oser me crier ces putain de conneries ?
Jason
: Une chose est sûre, ce qu'il y a de plus putain ici, c'est certainement pas
mes conneries, hein ? J'ai pas raison ?
Jessica
: Merde ce que tu peux être con !
Elle
avait craché son dernier mot, complètement enragée.
Jessica
: Je veux plus jamais te voir.
~
~ ~
~ ~
De
retour dans le coin de Queensboro Bridge, encore une fois. Pour y faire la même
chose, encore une fois. Elle arpentait le quartier à la recherche de Victoria,
voyait quelques filles la fixer d'un oeil mauvais.
Voix
: Hey !
Elle
se retourna vers la source de cette interpellation.
Un
homme, jeune et séduisant, lui faisait face dans toute sa grandeur.
Jessica
: Salut. Qu'est ce que tu veux... ?
Homme
: Ce que t'as à m'offrir, beauté...
Les
foutus clients et leurs surnoms à la con !
Jessica
: Et toi, combien tu m'offres ?
Elle
le fixa, tout sourire. Une passe relativement facile; Elle en avait baisé des
plus laids à L.A.!
Homme
: Viens avec moi, je sais où on peut aller... On en discuteras en chemin.
Jessica
: Ouais, okay.
Elle
le regards, avec ses yeux de biche, entourés d'un trais de khol noir très épais
et d'une bonne couche de mascara pour des cils de poupée. Une petite robe noir
Versace, sexy, audacieuse, avec un décolleté plongeant et des bottes de cuir
qui lui montaient jusqu'aux genoux. Le total look d'une pétasse de luxe.
Il
l'emmèna dans une vieille bâtisse pas trop loin d'où ils étaient. L'entrée
était dissimulée, l'enseigne indiquait une imprimerie mais dès que Jessica y
mit les pieds, elle compris assez vite que l'enseigne était désuète. Un salon
décoré avec mauvais goût, un parfum bon marché qui levait le coeur, des
chambres alignées...
Elle
devait rester calme, ne pas céder á la panique. Elle ne savait pas quoi faire,
elle n'avait jamais été dans un endroit pareil. C'était définitivement
l'endroit le plus sordide dans lequel elle avait été.
¨
Merde. Un bordel... Mais qu'est ce que je fous ici ? ¨ pensa-t-elle.
Elle
le savait, mais se posait quand même la question.
Jessica
: Alors, tu me paies combien ?
L'homme
la poussa dans une des chambres, ferma la porte et la barra.
Jessica
: Qu'est-ce que tu fais ?
Homme
: Je te paies le prix que tu veux, ma belle.
Rassurée,
elle fit sa besogne, répéta les mêmes gestes, comme á chaque client. Et voilá
que trente minutes plus tard, au beau milieu de son job, il lui sort :
Homme
: Je crois bien que Fabrizio va être content si tu travailles toujours aussi
bien.
Elle
se relève, bien au delá d'intriguée.
Jessica
: De quoi tu parles ?
Homme
: Ca fait une semaine et demie qu'ont te voit rôder dans le coin, tu jases avec
Vicky, tu fais le trottoir avec elle, nah ? T'es même allée acheter un peu de
smack á Vito ! Elle t'as rien dit, ca m'étonnes.
Jessica
: Me dire quoi ?
Homme
: Chaque pute qui travaille dans les rues de ce quartier doivent donner un
pourcentage á Fabrizio. Le problème est que t'as lui a encore rien donné...
Il aimerait bien avoir son poucentage si tu vois ce que je veux dire.
Jessica
: Non, en fait le problème, c'est que j'ai pas l'intention de lui payer un
centime, tu vois ? C'est moi qui bosse, pourquoi je devrais lui donner de mon
cash, hein ?
Homme
: Bon okay...
Il
prit la robe de Jessica, la lui lanca au visage.
Homme
: Tiens, rhabille toi et vas t'en.
Elle
enfile sa robe et s'enfuit de cet endroit à la vitesse de l'éclair. C'est la
galère, elle n'a pas plus d'argent ni de came. Elle s'est rendue compte trop
tard qu'elle se faisait littéralement rouler par un homme dont elle ne savait même
pas le nom.
Retour
à la case départ, donc. Elle se promenait dans le coin pour se trouver un
autre client, essayant de se faire discrète pour éviter les ennuis.
Bon,
de nouveau, un client l'accoste et elle lui offre ses services. Une pipe, trente
dollars qu'elle a habilement négocié. Le client la répugnait mais elle avait
tellement envie d'un peu de dope qu'elle n'avait pas vraiment le loisir de le
choisir selon ses critères.
Puis,
une quinzaine de minutes plus tard, son précédent client étant assez précoce,
elle s'offre à un autre homme pour soixante-quinze dollars. Pas autant qu'elle
voudrait, mais elle s'en fout.
Voilà
donc cent cinq dollars avec lesquels elle va s'acheter un peu de came. Elle
cherche de nouveau Victoria, la seule à être capable de lui en trouver un peu
dans le coin.
Elle
la trouve juste en avant d'un restaurant Mcdonald's, sortant d'une voiture
bleue.
Jessica
: Hey Vicky !
Victoria
se retourna, reconnut son amie.
Victoria
: Snow ! Salut ! Ca va ?
Jessica
: Non pas trop... Je veux de l'héro... Je me disais que tu pourrais sûrement
m'en trouver !
Victoria
: Ouais, on peut aller en chercher chez Vito, si tu veux.
Jessica
: Je préfèrerais nettement qu tu y ailles seule...
Victoria
: Pourquoi ?
Jessica
: Comme mon frère disait toujours, poses pas de questions, t'auras pas de
mensonges !
Victoria
: Ouais je vois... T'as l'argent ?
Jessica
: Oui... Je voudrais en avoir pour un cent.
Elle
sorti l'argent de son soutien-gorge et le tendit à son amie.
Victoria
: Okay. Attends moi ici, je devrais revenir d'ici une trentaine de minutes,
peut-être moins.
Jessica
: Ouais, okay.
Lorsque
Victoria fut partie, Jessica entra dans le Mcdonald's. Il lui restait cinq
dollars des deux passes, ou plutôt trois, qu'elle venait de faire. Son estomac
lui réclamait un peu de nourriture depuis plusieurs heures déjà ; Elle
n'avait rien avaler, à part du sperme, depuis plus de vingt-quatre heures et
bien qu'elle n'avait pas envie de manger, toute ingestion de bouffe lui levant
le coeur, elle décida de dépenser son peu d'argent dans un trio Mcdo, question
de calmer sa faim.
Plus
elle mangeait son cheeseburger bacon, plus le soucis du prochain shoot
lui tenaillait les tripes. Elle avait tellement hâte. Enfin quelque chose qui
lui ferait un peu de bien ! Elle avalait difficilement chaque bouchée avec
l'aide d'une gorgée de coca. Elle avait les mains moites, le coeur qui battait
à la chamade. Ses pensées n'étaient dirigées que vers une seule chose, son
prochain hit d'héro.
~
~ ~
~ ~
Tout
le monde, à une exception près, s'étaient réunis au salon pour le retour de
Julian. Toute la gang voulait faire la fête pour son retour sauf Jenny qui s'était
barricadée à double tour dans sa chambre et qui refusait carrément de parler
ou d'entendre parler de Julian.
Julian
: Laissez votre maison à des junkies, et voilà le résultat ! Vous auriez pu
faire un peu plus attention... Quand je pense que ca m'a coûté pas moins de
quatre cents milles dollars pour vous mettre un toit sur la tête et que c'est
ca que vous en faites... Je crois que pour la première fois de ma vie, j'ai
envie de pleurer !
Tout
le monde s'esclaffa, y compris Julian qui préférait en rire que d'en pleurer.
Malgré le ton sarcastique que ce dernier avait employé, chacun avait prit la
remarque en note même si visiblement, personne ne s'en souciait vraiment. C'était
vrai qu'ils avaient probablement tous abusés des bonnes dans cette maison au
cours de la dernière année.
Emma
: Bah tu nous connais, t'aurais pu prévoir le coup !
Julian
: J'avoue ! Déjà en partant, Jenny et toi, vous n'avez pas changées depus vos
13 ans ! Ca fait tellement longtemps que je vous connais, vous êtes toujours
aussi délinquantes ! Je me demande même si ca n'a pas empiré avec les années...
!
Alex
: Hey Jul ! Tu veux une pof ?
Il
lui tendit le gigantesque joint, mélange de hash et de marijane.
Julian
: OUF ! T'es pas sérieux ? T'as vu la grosseur de ce joint, Al ? La dernière
fois que j'ai fumé de l'herbe c'était avec vous... Ca fait longtemps !
Brittany
: Allez ! T'as pas le choix, c'est pour fêter ton retour ! Et comme tu dis, il
est tellement gros alors comment tu veux qu'on le fume à cinq ? Il faut que tu
nous aides !
Il
rit une fois de plus.
Julian
: Bon okay... Si c'est pour aider des amis dans le besoin... En souvenir du bon
vieux temps !
Il
prit une bouffée, s'étouffa en voyant les lignes de coke qu'Alex était en
train de préparer sur la table basse.
Julian
: J'anticipes déjà la prochaine question que l'un de vous va me poser...
Jason
: Une ligne, Jul ?
Le
jeune homme cala sa tête entre ses bras, découragé.
Julian
: Vous le savez, je touche pas à ces merdes ! Jay, m'incites pas au vice, okay
? Je veux avoir les idées claires en tout temps, tu le sais mieux que personne
!
Jason
: Ouais mais comme on dit, une fois n'est pas coutume !
Bianca
: Je dois avouer que je suis assez d'accord... Je sais qu'on se connait pas mais
tout le monde fait le party, tu pourrais faire pareil, non ?
Il
ne répondit pas mais se leva et sortit son portefeuille de sa poche arrière
gauche. Il prit un billet de cent dollars, le roula et s'appocha de la table.
Emma
: C'est un oui ? Oh yeeeeeah ! Un bon vieux trip de coke comme avant !
Alex
: Ouais, et je paie la ou les tournées pour les intéressés...
Brittany
: Je
sens qu'on va être complètement défoncés... !
~
~ ~
~ ~
Victoria
et elle s'étaient fait un hit puis, après vingt minutes dans les toilettes
parce qu'elle était trop stoned pour faire quoique ce soit, Jessica avait
subitement décidé de prendre le chemin du retour vers sa nouvelle demeure.
À
deux coins de rue de sa destination, Jessica se sentit soudainement suivie. Elle
n'osa pas regarder derrière elle pas même par dessus son épaule. Elle presse
le pas, inquiète; Elle a entendu des bruits de pas autre que les siens. Jessica
était pétrifiée à cette idée et bien qu'elle n'en avait pas envie, elle vérifia
derrière elle dans l'espoir de se rassurer s'il n'y avait personne.
Malheureusement, deux hommes plutôt baraqués étaient derrière elle un peu
plus loin. Elle ne pouvait distinguer que leur silhouette.
Plus
qu'une rue et elle y était. Paniquée, elle se mit à courir lorsqu'elle se
rendit compte que les deux hommes la suivaient toujours. Manque de chance, peut-être,
les deux types se mirent à courir eux aussi. Lorsque l'un deux l'attrapa par
derrière juste devant la maison, elle laissa échapper un cri.
Jessica
: Lâchez-moi !! Qu'est-ce que vous me voulez ?
Homme
: Moi c'est Tony, je viens de la part de fabrizio.
Dès
qu'elle entendit l'accent de son agresseur, elle comprit; Des italiens du coin
de Queensboro Bridge.
Homme
: Apparement, tu lui devrais some cash, you know ? Cinq
cent beaux dollars, a ce qu'on m'a dit...
Jessica
: Je l'ai dit à un de vos gars, je ne l'ai pas votre argent, merde ! Foutez moi
la paix et foutez le camp d'ici !
Les
deux hommes échangèrent un regard, le sourire en coin.
Homme
: T'es qu'une puta et tu te permets de nous dire de foutre le camp ? Tu
nous prends pour qui au juste /
L'autre
homme qui était silencieux depuis le début s'avéra le plus dangereux; Il lui
décocha un coup de poing au visage, puis un autre, qui la renversa littéralement
sur l'asphalte Cette fois, elle hurla. Ëtendue sur le sol, aveuglée par la
douleur au visage, elle ne bougeait plus, espérant qu'ils cesseraient de s'en
prendre à elle et partirait. Mais c'était mal les connaitre que de penser ne
serait-ce une seconde qu'ils la laisseraient tranquille. Il continua de la
frapper, lui asséna quelques coups de pied dans le ventre jusqu'à ce que
soudain, quelqu'un lui vint en aide. L'homme fut renversé à son tour par un
violent coup de poing de la part de Jason. L'autre type, lui, se faisait
tabasser par Julian alors qu'Alex le maitrisait par derrière. Lorsqu'il eut
fini de mettre K.O. son adversaire, Jason prit Jessica dans ses bras et la
rentra rapidement à l'intérieur. Il alla la déposer sur le sofa sous les
regards alarmés d'Emma, Brittany et Bianca. Celle-ci se rapprocha de son amie.
Jessica
: Merde !
Bianca
: Ouais ca tu peux le dire ! Tu vois maintenant dans quelle merde tu t’es
mise ? Allez, montres moi ta bouille.
Bianca
approcha sa main du visage de son amie mais celle-ci se dégagea violemment.
Jessica
: Ne me touches pas !
Elle
avait le visage tuméfié, en sang. Cela lui faisait horriblement mal.
Bianca
: Okay, okay... Tu veux que je roule un joint ? Ma mère disait toujours que
fumer, ca enlevait le mal...
Jessica
: Ouais mais ta mère est une droguée !
Son
amie arqua un sourcil, perplexe.
Bianca
: Peut-être mais ces temps-ci, t’es pas mal comme elle.
Elle
marquait un point; Jessica était aussi dopée que sa mère depuis leur arrivée
à New-York.
Bianca
: Au lieu de t’enfermer toute seule ou d’aller te promener toujours toute
seule tu pourrais faire quelque chose... Je sais pas moi, on pourrait faire des
trucs ensemble, comme avant...
Jessica
: Y’a rien à faire. Ma vie à moi, c’est la dope et rien d’autre.
Qu’est-ce que tu veux que je foute au juste ? Visiter la ville ? Tu es peut-être
émerveillée d’être ici et de découvrir plein de choses, mais moi j’ai déjà
tout vu. Je suis sortie de la californie, moi, contrairement à toi.
Elle
l’avait dit d’une manière méchante, comme un reproche.
Bianca
: Y’a jamais rien d’assez bon pour toi, hein ? On peut pas tous être ¨parfaite¨
comme toi !
Jessica
: Non je ne le suis pas.
Bianca
:
Et bien arrête d’agir comme si tu l’étais et que t’étais toujours au
dessus de tout, okay ? Parce que moi, j’en ai marre !
~
~ ~
~ ~
Julian
était allée la voir dans sa chambre, question de comprendre les évènements
qui venaient de se produirent.
Julian
: Jess, c'est ca ?
Entre
deux sanglots, elle hocha la tête positivement.
Julian
: Qu'est-ce qui s'est passé ?
Jessica
: Y'as des personnes qui croient que je dois de l'argent à un gars qui
s'appelle Fabrizio. Mais je ne le connais même pas ! Peux tu me dire comment ca
se peut devoir de l'argent à quelqu'un que tu connais pas ? C'est im-po-ssi-ble
!
Julian
: Fabrizio, tu dis ?
Jessica
: Ouais...
Julian
: Et t'as aucune idée de pourquoi tu lui devrais du cash ?
Jessica
: Non...
Elle
sourcilla, n'ayant pas l'air de croire à cette dernière réponse.
Julian
: Sois honnête, au moins.
Jessica
: Hein ?
Julian
: Écoutes Jess... Je crois qui a pas une personne ici qui ne m'a pas parlé de
toi... Le lien probable est que Fabrizio s'occupe de la prostitution pas trop
loin de Queensboro Bridge... Tu serais pas déjà allée dans ce quartier, par
hasard ?
Jessica
: J'ai
rien à te dire !
Julian
: Okay, okay... Comme tu veux... Je veux juste te dire que j'ai quelques
contacts qui pourrait t'aider et réparer la gaffe qu'on vient de faire en
battant les deux gars de Fabrizio...
Malheureusement,
ses contacts se faisaient vieux et il ne savait pas s'il pourrait encore les
utiliser. Mais nul besoin d'alerter Jessica, il tentait plutôt de la rassurer.
Julian
: T'inquiètes, je dirai rien à personne. Je suis muet comme une tombe
contrairement à d'autres dans cette putain de maison de fous !
Sur
ce, il laissa la jeune fille puis s'en alla un peu plus loin au près d'Alex et
de Jason, qui allait certainement avoir un oeil au beurre noir.
Julian
: BORDEL ! Je le savais ! Je t'avais
dit que je devais TOUJOURS avoir les putains d'idées claires ! On est BEAUCOUP
trop défoncés Jay ! On est dans la dèche les gars !
Alex
: Oh... Chaque fois que tu nous a dit ca, on a finit dans la merde jusqu'au
cou... Qu'est-ce que j'ai pas pigé ?
Julian
: C'était deux gars qui travaille pour Fabrizio...
Jay
: Ce nom là me dit quelque chose...
Julian
: Ouais c'est le gars qui contrôle la prostitution dans le coin de Queensboro
Bridge... Tu te souviens pas ? Le gars de la mafia de Britt
!
Jason
: Ca y est, ca pouvait pas être plus clair... Pour m'en
souvenir, je m'en souviens de ce mec là, tu peux en être sûr et certain !
Tout un caĩd celui lá...
Alex
: Alors si je comprends bien, on vient de foutre une raclée à deux italiens de
la mafia ?!?!
Julian
: Ouais ca résume assez bien le problème...
~
~ ~
~ ~
{Duffy,
Hanging on too long}
¨It
was just my mistake
Thinking
you cared
It was just my mistake
Thinking you’d be there
That you’d be by my side
And that you wouldn’t lie
My mistake
It
was just my false hope
Thinking
we’d last
It
was just my false hope
Forgot all your past
All those girls you denied
Smashed up hearts hung out to dry
I
was a fool fo you
Right from the start
I was a fool for you
Hoping for a spark
For some kind of sign
That you would be mine
I
know it’s wrong
Hanging on too long
And I kknow it’s wrong
Hanging on too long
And I need to move on
I’m hanging on too long¨
Elle
était furieuse, même que, furieuse était
un euphémisme ! Il s’était battu pour Jessica, l’avais défendue avec une
ardeur qu’elle ne lui connaissait pas. Depuis quand s’intéressait t’il
seulement á une femme á la fois ? Ce n’était pas son genre et c’est ce
qui l’effrayait le plus. Brittany était blessée... Même elle n’avait
jamais eu droit á ce traitement de faveur !
Brittany
: Mais t’es complètement fou ? Tu viens de te faire casser la gueule pour une
pétasse ! T’aurais dû les laisser la battre, peut-être qu’on aurait enfin
eu la paix !
Jason
: De quoi tu parles, Brit ? Pourquoi tu la laisses pas tranquille ?!
Ca
y était; Maintenant, il prenait pour elle.
Brittany
: Tout a changé depuis qu’elles sont là ! Bianca est cool mais Jess, je peux
pas supporter d’habiter le même endroit qu’elle. Cette fille me pue au nez
!
Jason
: T’es simplement jalouse ! Et tu le sais, en plus !
Brittany
: Pourquoi tu voudrais que je sois jalouse de cette salope là, hein ?
Jason
: Arrêtes de la traiter de tous les noms possibles ! Je te rappelle que tu vaux
pas mieux qu’elle si tu te bases sur le fait qu’elle fait le trottoir !
T’as surement baiser plus de mec qu’elle après toutes ces années à te
vendre le cul !
Brittany
: Alors t’es amoureux d’elle, c’est ca, hein ?
Jason
: Je suis pas amoureux d’elle ! J’ai jamais été amoureux de personne dans
toute ma vie !
Brittany
: C’est bon, je crois que cette fois ci, j’ai bien recu le message ! J’ai
jamais compté pour toi, hein ? Moi je suis rien, je suis juste la fille qui
t’as servie de jouet pendant trois ans !?
Une
fois de plus, elle pleurait toutes les larmes de son corps pour lui. Combien de
fois était-ce arrivé ? Des milliers de fois, toutes aussi douloureuses les une
que les autres.
Et
lui, en avait vraiment assez de l’obcession de Brittany à son égard. Il en
avait marre de toujours devoir s’expliquer et de devoir ressasser sans cesse
les mêmes discussions.
Jason
: Britt, si tu n’es pas capable de vivre avec le fait qu’on est plus
ensemble, si tu n’est pas capable de me parler d’autres choses que cette
conversation perpétuelle à propos de toi et moi, oublie moi pour vrai, je ne
voudrai plus te parler ni même te voir, okay ? J’en ai réellement plus rien
à foutre de tes enfantillages !
~
~ ~
~ ~
Elle
cogna doucement; Elle n’entendait pas de bruit de l’autre côté de la porte
et craignait que Jason dorme après leur mésaventure.
Pas
de réponse. Elle entra quand même. Jason était couché et, visiblement,
dormait comme elle l’avait préssenti.
Elle tenta tout de même sa chance.
Jessica
: Hey...
Il
ouvrit les yeux péniblement, grommela quelques mots et s’assit
le dos contre le mur.
Jason
: Je croyais que tu voulais plus me voir ?
Jessica
: Faut croire que j’ai parlé trop vite.
Le
visage du jeune homme s’éclaira soudainement.
Jessica
: Ca va ? Je veux dire... Ton oeil... Disons qu’il ne t’a pas manqué...
Il
se mit à rire.
Jason
: Ouais ca va... C’est pas comme si c’était la première fois ! Je me suis
battu plus souvent qu’à mon tour, ca tu peux en être certaine. D’ailleurs,
toi non plus, ils ne t’ont pas ratée...
Jessica
: Ouais, je suis au courant, merci !
Jason
: Allez viens...
Il
ouvrit les bras, l’invitant ainsi à venir s’asseoir près de lui, ce
qu’elle fit sans se faire attendre. Jessica avait la sensation de se sentir
toute petite dans ses grands bras forts et protecteurs, la sensation d’être
une petite fille pure et inoffensive à qui personne n’a jamais fait de mal...
La sensation que même s’il ne dure qu’un instant, toute ta vie elle pourras
revivre ce sentiment en fermant les yeux en se remémorant ce moment même si au
bout du compte, c’est faux. La sensation qu’à cet instant précis, absolument
rien au monde dorénavant ne pourrait lui arriver.
Certain
moment ont un goût d’éternité...
~
~ ~
~ ~
Les
gens se font une passion de juger les autres par ce qu’ils sont ou ce qu’ils
font. Y comprit elle. Pourquoi est-ce si difficile de laisser vivre ? Pourquoi
est-ce si plaisant de voir les autres souffrir ? L’humain est une affreuse créature
qui s’amuse à se détruire elle-même. Elle détruit tout ce qu’il y a
autour d’elle, sans exception. Petit à petit, elle prend plaisir à démolir
ce qu’elle n’aime pas, comme Jessica. Pourtant, ce que l’on n’aime pas
ailleurs est très souvent ce que l’on n’aime pas chez soi mais qu’on ne
s’avoue pas. Parce que malgré nous, la vérité choque quand on l’a sous le
nez parce qu’on a la preuve irréfutable que l’on s’est trompé et c’est
loin d’être toujours facile à accepter.
Dans
sa vie, elle le sait, elle prendra de mauvaises décisions, prendra les mauvais
chemins, sera détestée par des tonnes de personnes et elle mentira des
millions de fois. Elle devait apprendre le pardon. Le pardon pour elle-même,
pour Jason et pour tous les autres pour qui elle a du ressentiment. Elle sait
que si elle ne commence pas à prendre la peine de se pardonner elle-même, il y
aura toujours quelqu’un
pour lui rappeller qu’elle ne l’a pas fait. Toujours quelqu’un pour lui
rappeller qu’elle a fait un pas. Alors elle ne veut pas leur laisser
l’occasion de le lui montrer.
Brittany
en avait assez de cette vie de débauche même si elle ne connaissait rien d’autre.
Elle avait envie de quelque chose de différent. Son environnement la déprimait
au plus au point. Elle n’enviait qu’une chose à sa rivale; Le cran
qu’elle avait eu de partir de chez elle pour vivre de nouvelles expériences.
Elle
savait qu’elle ne pouvait rien changer au passé bien malgré elle. Brittany
ne savait pas pourquoi elle se sentait infiniment sereine et comment, en ce
moment précis, le 6 septembre 2008 à 4h52 du matin, elle parvint enfin à
faire une croix sur ce passé qu’elle craignait tant. Elle se dit qu’un
jour, ce ne sera qu’un souvenir qu’elle se rappellera...
Maybe
tomorrow...
~
~ ~
~ ~
Elle
était allée faire un client avec Victoria, vu son piètre état, juste avant d’aller
voir sa mère. Elle ne pourrait pas tenir le choc d’être en présence de sa mère
si elle ne s’était pas piquée auparavant. Bon, ce n’était pas l’idée
du siècle, pas plus que celle de se faire reconduire á son rendez-vous par son
client. Mais elle n’avait pas le choix; Autrement, elle serait arrivée en
retard. Elle lui demanda de la déposer au coin de la rue, le remercia.
L’homme lui donna un pourboire et lui demanda son numéro; il avait passé du
bon temps, il voulait la revoir. Elle lui dit qu’elle n’en avait pas puis
descendit de la voiture.
Lorsqu’elle
entra dans la pizzeria, elle repèra facilement sa mère et, à sa grande
surprise, son père, Mme. Garner prenant habituellement toujours les même
tables dans les mêmes restaurants, Jessica savait déjà où ils se
trouveraient. La première phrase que celle-ci dit à sa fille annonca le ton de
la discussion qui allait s’en suivre.
Mme.
Garner
: Apparemment, tu as toujours les mêmes vieilles habitudes dépravées à
l’exception près que maintenant tu te fais payer et que tu ne prends plus le
temps de te cacher... Tu as une mine horrible, Jessica. Tu as des traces de piqûre
sur les bras... Comme lui. Ca fait trois semaines que tu es partie et tu as déjà
l’air d’un cadavre ambulant. J’ai déjà vécu l’humiliation une première
fois avec ton frère, j’ai pas la force de le revivre encore.
Jessica
: C’est tout ce que tu as à me dire, maman ? Et toi papa, qu’est-ce que
t’as à me dire, hein ?!
M.
Garner
: Quand vas tu enfin de décider à avoir une vie normale ?
Jessica
: Ah oui ? C’est quoi t’as définition d’une vie normale, papa ?
M.
Garner :
Habiter chez ses parents au lieu de vivre dans les rue de New-York, aller à
l’école au lieu de toujours sécher les cours, être présente mentalement au
lieu de toujours te droguer comme une toxicomane !
Jessica
: Qui
t’as dis que je vivais dans la rue, hein ? J’ai un toit sur la tête, des
gens qui me supportent, c’est déjà mieux que de vivre dans un palace avec
deux vieux cons !
Mme. Garner
: Qu’est-ce qu’on t’as fait pour que tu nous en veuilles autant, Jessica ?
Jessica
: C’est de votre faute si Alec est mort et celle de personne d’autre pas même
la sienne, okay ? Vous avez ruiner nos vies, personne peut être parfait mais
vous voudriez toujours qu’on incarne la perfection ! Je suis loin d’être
parfaite et ca, au moins, moi j’en suis consciente. Et toi, papa, toi qui te
penses au dessus de tout en tout temps, te souviens tu la fois où tu l’avais
frappé et il avait foutu le camp ? Hein, t’en souviens tu ? Personne à part
nous quatre l’a su, hein ? Vous qui voulez toujours bien paraître ! Y’a que
ca dans vos vie, avoir et paraître !
Elle
était loin d’être parfaite, ca, elle le savait. Et la perfection de ses
parents l’écoeurait. Mais tout ses reproches par rapport à la perfection se
rapprochaient beaucoup de ceux fait par sa meilleure amie quelques heures
auparavant. Était-elle en train de devenir comme eux ? Comme elle avait
toujours redouté d’être ?
Oui,
et elle se détestait autant qu’elle pouvait les détester eux.
M.
Garner
: Peut-être mais au moins notre vie respecte les règles de la société dans
laquelle on vit, Jessica. Au moins, je suis pas drogué du matin jusqu’au
lendemain. Au moins, je gagne ma vie honnêtement contrairement à ton frère et
toi ! Bon dieu, qu’est-ce que j’ai fait pour mériter des enfants pareils ?
Jessica
: Papa,
t’es pas mieux qu’un client ! Tu me donnes de l’argent, des vêtements,
des bijoux, plein de choses pis en échange, tu voudrais que je t’aime pis que
je représente ta définition de la fille parfaite ! Je fais exactement la même
chose avec les clients. Ils veulent la fille parfaite avec qui baiser, par qui
se faire sucer, et je le fais. C’est moi, c’est mon job et tu pourras jamais
rien y changer.
On
ne sait jamais ce qui va se produire avant que ca se produise même si on pense
le contraire. On est tous de purs inconscients; On est heureux et on croit que
tout va bien et en une fraction de seconde, le monde s’écroule
et ce bonheur devient lointain. Tantôt, il était à porter de mains,
maintenant il est trop loin. Ca ne prend qu’un geste, un mot ou un regard pour
détruire quelqu’un. Détruire son bonheur, sa fierté, La vie nous apporte de
grandes et de petites joies et elle sait aussi nous apporter toutes sortes de
malheur mais c’est lorsque les regrets entrent en jeu qu’il n’y a plus
rien à faire.
Et
maintenant, en cette seconde précise où Jessica tourna les talons pour ne plus
jamais voir ses parents, elle regretta.
But...
Maybe
tomorrow...
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