1.04 - Maybe Tomorrow



Guest Star : Megan Fox alias Victoria, Catherine Zeta-Jones alias Mme. Garner et Sean Connery alias M. Garner

 

Il l'avait plantée là, affolé. Par peur de se voir fouillé par les agents qui se pointeraient quelques minutes plus tard et qui finiraient bien par trouver les substances illégales qu'il trimbalait au fond de ses poches. Mais il l'avait tout de même laissée la, au beau mileu d'un parc, en pleine overdose. Le lui pardonnerait-elle ? Depuis le moment où il l'avait quittée pour s'en retourner comme si de rien était avec le restant de la gang, plus aucune nouvelle. Il n'avait absolument aucune idée de se qu'il pouvait bien être advenu de Jessica.

Jason était entré rapidement et avait directement filé dans sa chambre au deuxième. Il n'avait adressé la parole à personne en entrant et leur avait bien fait comprendre par un regard convainquant qu'il n'était pas d'humeur à se faire déranger.

Bianca se demandait où était passée son amie, l'ayant vue partir avec le jeune homme moins d'une heure auparavant. Quoique que ces temps-ci elle ne savait jamais ce qu'elle pouvait bien fabriquer, toujours à faire ses petites affaires dans son coin. Jamais Jessica n'avait autant exclue sa meilleure amie de sa vie, de son quotidien.

Brittany elle, espérait toujours le jour où Jessica quitterait la maison pour de bon, le jour où cette californienne debridée allait enfin cesser d'exercer son pouvoir d'attraction sur son Jason. Elle la détestait du tout au tout. Sa facon de toujours vouloir se faire aguicheuse auprès des hommes, son rire contagieux. Tout le monde n'avait de yeux que pour elle. Quelques soirs plus tôt, le gang l'avait presentée à quelques uns de leurs amis et toute la foutue soirée, le centre d'attraction avait toujours été cette petite brunette qui se prenait pour quelqu'un d'autre. Jessica avait beau être chiante, rêche, bête ou encore bitch, les gens s'en foutait et la suivait comme une troupe de mouton. Quelle scène pathétique ! Elle en vomirait tellement la vue de cette fille lui soulève le coeur. Après que Jason eu pulvérisé son coeur comme dans un blender, Jessica s'occupait définitivement de réduire ce qui en restait en bouillie. Elle le voyait la regarder avec des yeux de merlan frit, des yeux avides de passion et de caresses, regard qui lui était autrefois réservé.

Pensive, allongée sur le sofa avec une bouteille de rhum a la main, elle écoutait un disque pop, excessivement bonbon. Alex sur l'autre sofa, prit l'oreiller derrière sa tête pour se le mettre sur le visage comme pour se cacher.

Brittany : Al, qu'est-ce que tu fous, merde ?

Alex : Fuck, as tu entendu ce que tu me fais endurer depuis d'interminables minutes ? Ce putain de pop a la con, c'est même pas de la vraie musique ! Changes ce disque ou je vais m'énerver, Britt ! Je suis sérieux !

Brittany réussit difficilement à se mettre sur ses deux pieds pour aller changer la musique. D'un pas plus que chancelant, elle approcha du stéréo mais à la dernière seconde, alors qu'elle allait y arriver, elle vascilla et tomba.

Alex : Whoa ! Qu'est ce que tu bois ? Ca m'a tout l'air de te faire de l'effet !

La jeune fille s'esclaffa.

Brittany : Al, comme le proverbe le dit, tous les chemins menent au Rhum !

 Alex : Et à la Tequila !

Il lui montre sa bouteille de 40 onces de Tequila Bang Bang et elle empoigne sa propre bouteille du bout des doigts.

Alex : Allez, on trinque ! À la dolce vita qu'on mène !

 

 

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Il se rongeait de remords, assis sur le sol, adossé contre le mur. Les jambes repliées, Jason avait la tête appuyée dans ses mains. Peut-être était-elle morte ? Il se devait de le savoir, maintenant. Depuis deux heures déjà, il restait inactif sur le plancher à penser à des tonnes de choses en même temps.

Pourquoi se préoccupait-il autant d'elle ? Après tout, ce n'était qu'une fille, non ? À part Britt, toutes ses conquêtes n'avait été et n'étaient que des histoires d'une nuit, sans conséquences ni tracas sentimentaux.

Mais avec elle, ce n'était pas pareil. Il ne pouvait détourner son regard d'elle dès qu'ils étaient dans la même pièce, son oreille, toujous attentive à écouter sa voix doucereuse, et sa peau, toujours prête à un contact corps à corps avec cette adolescente au corps de femme.

Il se leva enfin, enfila ses baskets et descendit dans la cuisine où il croisa Bianca alors qu'elle se saisissait d'une canette alu de Pepsi dans le frigo.

Bianca : Hey... T'aurais pas une idée d'où pourrait être Jess ?

Jason : Non vraiment pas, on s'est séparés au bout de la rue...

Il mentait même en sachant que la vérité ne saurait tarder à éclater.

Jason : Faut que j'y aille...

Sur ce il se rua a l'extérieur, tout en s'allumant un joint qui allait l'aider a relaxer.

 

 

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Jason faisait les cent pas devant l'hôpital, se sentant incapable d'y entrer. Si ca se trouvait, il s'était peut-être trompé d'établissement !

Il bu une, non deux, trois, quatre, cinq gorgées de Tequila, la même qu'Alex, c'est d'ailleurs lui qui lui en avait versé un peu dans son flasque, puis armé de son courage, qui tenait d'ailleurs plus du mirage de l'alcool qu'autre chose, entra dans l'hôpital et demanda son chemin à la réceptionniste.

Réceptionniste : Vous êtes de la famille ?

Jason : Non, elle n'en a plus. Je suis... Son petit ami... Elle va bien ?

Réceptionniste : Il faudra voir le médecin pour plus d'informations... Voilà. Chambre 407 dans l'unité des soins intensifs.

Jason : Merci.

Il prit l'ascenseur pour se rendre au quatrième étage et durant ce temps il se rappela les faits. N'était-ce pas lui qui avait propose de lui faire un speedball ? Il savait pourtant d'expérience que cette concoction pouvait s'avérer dangereuse voir même mortelle. S'injecter un speedball c'était aussi hasardeux que de jouer le jeu de la roulette russe. Une chance sur deux de mourrir. Pile tu vis, Face tu meurs.

Lorsqu'il arriva pour entrer dans la chambre, un homme d'âge avancé avec une blouse blanche, probablement le médecin, l'arrêta.

Médecin : Elle est assez mal en point... Il n'y a que quelques minutes qu'elle est sortie du coma, vous savez.

Jason : Du coma ?

Alors c'était vraiment sérieux. Et il en était le seul responsable. Un autre vent de culpabilité l'assaillit jusqu'au plus profond de ses tripes.

Médecin : Vous êtes de la famille ? Nous n'avons retrouvé aucune pièce d'identité sur elle. La personne qui a logé l'appel d'urgence nous a mentionné qu'elle de prénommait Jessica mais nous n'en savons pas plus puisque la personne en question a apparemment déguerpit.

Jason y pensa deux fois avant de répondre quoique ce soit, c'était même lui qui avait enlevé les cartes du porte-feuille de Jessica. Après tout, Jessica était mineure, mais surtout, en fugue à l'autre bout du pays, à plus de 4000 kilometres de la résidence familiale.

Jason : Rebecca Miller.  Elle vient de Chicago.

Médecin : Nous croyons que la surdose est accidentelle... Elle s'est injecté un mélange d'héroïne et de cocaïne. La cocaïne accélère le rythme du coeur pour approximativement trente minutes, Ses effets disparaissent et puisque ceux ci se dissipent plus rapidement que ceux de l'héroïne, l'héroïne ralentit alors brutalement les pulsations cardiaque ce qui provoque des difficultés, voire même un arrêt respiratoire. C'est ce qu'on appelle une surdose à retardement.

Il était sans voix. Il n'avait qu'une envie; la voir, la prendre dans ses bras, sentir la chaleur de sa peau parfumée contre son corps, vérifier qu'elle était bien en vie.

Il entra dans la piece et s'arrêta à pas plus de quelques pas de la porte. Elle lui faisait dos et sanglotait violemment.

Agitée de spasmes, en sueur, elle tuerait pour un peu de réconfort. Combattre le poison par le poison, apaiser la douleur intense qui la tenaillait dans tout son être. Lui aussi, voudrait lui offrir un peu de réconfort même si ce n'est pas de ce genre de réconfort là qu'elle désirait. Il se sentait voyeur, voleur de son intimité, planté là, à la regarder discrètement pleurer les larmes qui exhorte la souffrance hors de son corps. Il la fixe là, alors qu'elle est si vulnérable, fragile, comme une fillette dénuée de repères,

Jessica : T'aurais au moins pu rester.

Il sursauta, sorti de sa torpeur. Que pouvait-il répondre ? Elle avait raison...

Jason : Je suis désolé.

Jessica : Être désolé ne change rien... Te rends tu compte que j'aurais pu y rester ? Tu m'a laissé là, j'étais sur le dos, ils m'ont retrouvée en train de m'étouffer avec mon propre vomi.

Déclaration qui eut l'effet d'une bombe. Elle tournait le couteau dans la plaie; la plaie béante de sa culpabillité. Il ne pouvait pas ouvrir la bouche pour parler, tenue fermée par le fait qu'il savait que rien de ce qu'il pourrait dire ne pourrait faire décolèrer Jessica.

Jessica : Sors moi d'ici.

Jason : Jess...

Elle se tourna sur son lit pour lui faire face. Elle planta son regard dans le sien, elle était vraiment fachée ca se voyait...

Jessica : Quoi ?

Elle avait un air misérable.

Jason : Le médecin a dit que tu venais à peine de sortir du coma, je crois vraiment pas que ce soit une bonne idée...

Jessica : Je te rappelle que c'est ta faute.

Si c'était ce que ca prenait pour qu'elle lui en veuille un peu moins... De toute facon, ce n'était certainement pas la première fois qu'il ferait un acte illégal !

Jason : Okay... Mais fais ca vite ! Personne ne doit nous voir. De toute facon, ca doit être mieux que tu partes, j'ai donné un faux nom au médecin. Sinon ce serait trop facile de te retrouver...

Jessica : Ca risque d'être un peu difficile... Regarde moi l'état ! En plus, je n'ai plus de vêtements, ils doivent être consignés...

Jason : J'ai peut-être une idée pour les vêtements...

Jessica : Laquelle ?

Jason : J'ai une paire de jeans de rechange que je traîne toujours dans mon sac. Si je te les donne, que tu mets ma ceinture et mon coton ouaté... Ca devrait sûrement faire l'affaire.

Il lui mit le tout sur la petite table de bois près du lit. Elle les enfila tout de suite, se déshabillant nue sans pudeur devant les yeux ébahis du jeune homme qui finalement, gêné par la situation se retourna.

 

 

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Bianca, Alex, Emma et Brittany étaient assis autour de la table de cuisine lorsqu'il entrra dans la maison. Quelle surprise ce fut ! Personne ne s'attendait à le voir là.

Alex : Hey Jul' ! Mais putain, qu'est-ce que tu fais ici ?

Julian : Je reviens dans le coin, vieux !

Emma : Contente que tu reviennes ! Tout va redevenir comme avant, c'est cool !

Il n'avait pas l'air aussi convaincu.

Julian : Mwais... Vous ne faites pas les présentations ? Qui est cette charmante demoiselle ?

Emma se retourne vers Bianca, un sourire en coin.

Emma : Jul' je te présente Bianca notre recrue de l'année ! Bi, ca c'est Julian, l'heureux propriétaire des lieux !

Julian : Salut !

Bianca répond d'un simple "allo", intimidée par son interlocuteur, cette homme d'un charme indéniable.

Julian : Alors t'es ici depuis combien de temps ?

Bianca : Deux semaines. En fait, y'a ma meilleure copine aussi, Jess... Mais en ce moment, impossible de te dire où elle est !

Emma : Ouais j'avais peut-être oublié de mentionner la princesse chiante !

Julian s'esclaffa.

Alex : Elle est bien comme fille. Y'a que Britt et toi qui la détestiez !

Julian : Britt ? C'est pas son genre de ne pas aimer quelqu'un... Qu'est-ce qu'elle lui a fait ?

Alex rit et se tourne vers Julian. Ce dernier, en voyant l'expression du visage d'Alex, se mit a en ricaner un bon coup.

Alex : Ton p'tit Jay est com-plè-te-ment fou d'elle !!

Julian : Oooh... Je vois ! Elle doit être folle de rage !

 

 

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En entrant dans la maison, il la serrait dans ses bras, la soutenant, l'aidant à avancer. Lorsqu'ils passèrent près du salon, tous le monde les dévisagèrent. Heureusement, la tête bien au fond du capuchon du coton ouaté de Jason, Jessica était méconaissable.

Jason coucha Jess dans son lit; il veillerait personnellement sur elle à présent. Mais elle protestait, voulait se lever aller chercher des trucs dans sa chambre.

Jason : Dis le, ce que tu veux, Jess. Je vais aller te le chercher.

Jessica : Je veux n'importe quoi qui va remettre sur pied, merde ! Du speed, de la coke, de l'ecstasy, de l'alcool, je m'en fous !

Jason : Take it easy, baby girl ! Tu viens juste de te taper une OD, prends ca relax, okay ?

Jessica : Non merci. Je me sens comme un tas de merde en ce moment, j'ai une humeur exécrable. Je me tuerais. J'ai BESOIN de quelque chose., Je me fous totalement de ce que tu peux penser.

Jason : Tu commences à être accro, c'est ca ? C'est pour ca tes tremblements, sueurs froides et vomissements ? Je t'avais dis de faire attention. Faut pas jouer avec la came. L'héro, c'est une classe à part, une tout autre game. T'as quinze ans, t'as la vie devant toi... Jess, penses-y deux fois, okay ?

Jessica : Je te l'ai dit, qu'est-ce que t'as pas compris ? Je me contrefiche de ce que tu penses !

Jason : Fais donc ce que tu veux !

Sur ce, il tourna les talons et quitta sa propre chambre alors que Bianca, elle, y entra.

Bianca : OUF ! Veux tu bien me dire ou tu étais passée ? Tu es dans un sale état, t'es tu vue ?

Jessica : Ouais c'est bon, je suis au courant. Si le monde pouvait bien de foutre la paix !

Bianca : Veux tu arrêter seulement deux secondes ? Merde, c'est a peine si je t'ai vue dans les deux dernières semaines, c'est pas normal !

Jessica : Qu'est-ce que tu veux que je te dises ?

Bianca : Je sais pas, n'importe quoi ! Je suis pas partie de chez moi pour être toute seule, je suis partie pour mener la grande vie avec toi ! Réveilles, Jess !

Jessica : C'est pas facile pour moi, Bi...

Bianca : Quoi, tu crois que pour moi c'est facile ?! Détrompes toi au plus vite, parce que je te jure que ca ne l'est pas.

Jessica : C'est pas la même chose...

Bianca : Ah oui ? Alors pourquoi tu ne m'en parles pas ? Tu me disais tout avant et maintenant, plus rien, pas même un putain de mot. Comment tu veux que je devine ? C'est la dope, c'est ca ?

Jessica : Mais enfin, qu'est-ce que vous avez tous avec la maudite drogue ? Foutez moi la paix, combien de fois est-ce que je vais devoir vous le répéter ?! Moi, je suis partie de chez nous  pour pouvoir faire absolument tout ce dont j'avais envie, pour arrêter d'avoir mes putains de parents sur le dos. C'est pas nécéssaire de chercher à les remplacer et me faire la morale, je n'en ai rien a faire !

Bianca : Ralentis un peu... Je sais que la drogue et toi, c'est une longue histoire d'amour, mais la laisse pas te tuer comme elle l'a fait avec ton frère.

Jessica se mit a rire franchement alors que Bianca n'y comprenait rien. Jessica pensait a son overdose. Si seulement son amie savait. Mais elle n'avait pas l'intention de lui dire non plus.

Jessica : De quel droit est-ce que tu parles de lui ?

Bianca : Je suis seulement inquiète pour toi !

Bianca laissa échapper un long soupir, découragée.

Bianca : Je t'ai jamais vue en prendre autant, et dieu sait à quel point tu as pu abuser de la dope dans le passé. En plus, c'est pas comme si tu fumais des tonnes de shit ou que tu te mettais a être accro aux speeds... De la coke, de l'héro ! Putain Jess, regardes ton frère qui est rendu six pieds sous terre, penses à ma mère qu'on a déjà surprise en train de vendre son cul sur le sunset strip pour un peu de came. T'as envie de finir comme eux ?

Jessica se leva du lit, alla se mettre a deux pouces du visage de son amie et la fixa dans les yeux :

Jessica : C'est déjà fait.

Elle quitta la pièce, la maison, le quartier, non sans difficulté, au grand damn de Jason et Bianca.

 

 

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C'était ce qu'on appellait avoir le choc de sa vie. Après un an d'incertitude, de regrets, de remords, il était la. Mais ca n'apaisait en rien les tourments qu'il avait laissé derrière lui. Un an a se ronger intérieurement, un an a en faire une obsession morbide.

Lorsqu'elle l'avait vu, Jenny s'était refugiée immédiatement dans sa chambre au deuxième étage,  ̎̎̎leur ̎̎̎ chambre. Et c ̎̎̎est maintenant qu'elle comprenait le désarroi de Brittany. Elle allait désormais partager sa vie avec un homme qui autrefois partagait aussi ses sentiments. Allait-elle pouvoir y arriver ? Pouvait-elle réellement se résigner, le voir chaque jour sans pouvoir agir avec lui comme avant ?

Le temps le dirait mais Jenny n'avait même pas envie de le savoir.

 

 

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Jessica s'était enfuie une fois de plus, préférant toujours la fuite à la confrontation. Maintenant, elle serait surement obligée de tout avouer à Bianca. De son overdose jusqu'à ses escapades solitaires à Long Island City près de Queensboro Bridge. Elle avait pris le métro jusqu'à Central Park. De là, elle marchait sans destination précise dans les rues avoisinantes. L'adolescente fumait un joint acheté un peu plus tôt à un punk dans le métro.

D'un coup sec, en avant d'un building commercial, elle jetta le joint le plus loin qu'elle put.

La raison ? Sa mère, sur le trottoir avec des collègues de travail qu'elle connaissait bien, à quelques mètres d'elle.  Jessica fut saisie de panique. Que ferait-elle, aller lui parler ou l'ignorer ? Telle était la question... Mais la réponse ne se fit pas attendre; Mme Garner griffonna une note sur un bout d'ancienne facture, s'approcha subtilement et glissa le billet dans la main de sa fille puis s'en alla en l'ignorant, comme si de rien était. Pas même un bonjour ou quoique ce soit... Rien.

Ca y était. Sa mère l'avait donc reniée comme elle l'avait fait auparavant avec son fils. Elle déplia la facture et y trouva deux billets de vingt dollars.

¨ Otto restaurant

1, 5ième avenue

Demain, 13h¨

Jessica connaissait bien cette pizzeria italienne pour y être allée plusieurs fois avec ses parents lors de ses précédants séjours à New-York. Elle y serait à l'heure convenue même si ca ne lui disait rien. Après tout, elle devait bien ca à sa mère.

Elle avait envie de déchirer l'argent en milles morceaux. Et voilà que sa mère répétait un autre geste qu'elle faisait avec son frère. Comme toujours, ce que ses parents faisait de mieux, c'était de donner de l'argent à leurs enfants, pensant qu'ils en seraient plus heureux. Ca les réconfortait de savoir que matériellement ils ne manquaient de rien alors que relationnellement parlant, c'était zéro.

 

 

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Jessica était revenue à la maison.De toute facon, peu importe l'endroit ou elle allait, elle se sentait piégée. Elle descendit au sous-sol, là où leur chambre, à Bianca et elle, était située. Bianca avait emprunté le stéréo de Jenny et écoutait un peu de musique.

Jessica : Tiens, voilà quarante dollars pour toi.

Bianca : J'en veux pas de ton argent.

Elle lui jeta les deux billets au visage.

Bianca : Tu l'as eu comment ? En faisait le trottoir ? Jenny m'a tout dit, elle, au moins.

Jessica : Quoi ?

Bianca : Le gars dans la voiture l'autre soir. Bravo, j'espère que t'es contente ! Merde, quand je pense que je t'ai cru tout ce temps !

Jessica : Va chier ! Pis en passant, l'argent venait de ma mère !

Elle se pencha, rammassa les billets, sortit de la chambre et claqua vivement la porte. Elle monta au deuxième étage et entra à toute allured dans la chambre de Jason. Ce dernier était allongé sur son lit, le jeans défaits, le sexe sorti; Il se masturbait littéralement.

Jessica : Oh my god ! C'est définitivement la dernière chose que je m'attendais à voir en entrant ici !

Jason : Bah quoi, c'est pas comme si tu l'avais jamais vue !

Il lui souria, l'air moqueur.

Jason : Alors, qu'est-ce qui t'amènes ici ?

Jessica : Bianca me tape sur les nerfs. Je supporte plus d'être  dans la même pièce qu'elle !

Elle se mit à quatre pattes sur le lit, s'avanca langoureusement puis s'assit tout près du jeune homme.

Jason : Bon... Et qu'est-ce qu je peux faire pour toi ?

Jessica : Pas grand chose... Juste passer un peu de temps avec moi et,,, Un peu d'héro peut -être ?

Il la dévisagea, l'air totalement désaprobateur.

Jessica : Quoi ? Seulement pour quarantes dollars !

¨Bonne manière de dépenser le fric de ma mère.¨ se dit-elle.

Jessica : Peut-être que tu trouves que quarante c'est pas assez ?

Elle approcha son visage de celui de Jason, empoigna son sexe d'une main et de l'autre, Releva son chandail très haut, dénudant sa poitrine dévoilée par un léger soutien-gorge en dentelle turquoise.

Jessica : Alors ?

Habituellement, il aurait succomber presque qu'immédiatement à la vue des seins bronzés de la jeune fille á ses côtés, que d'ailleurs, le soutien-gorge coloré mettait parfaitement en valeur.. C'est avec un brin de résignation qu'il se dégagea et se leva debout assez rapidement.

Jason : Mais arrêtes, merde ! Penses tu réellement que je vais te donner de la came parce que je tu vas me laisser te baiser comme un putain de client ?! C'est vraiment ca que t'as dans la tête en ce moment ?! Si c'est le cas, t'es vraiment qu'une salope, hein ?!

Jessica : Tu te prends pour qui pour oser me crier ces putain de conneries ?

Jason : Une chose est sûre, ce qu'il y a de plus putain ici, c'est certainement pas mes conneries, hein ? J'ai pas raison ?

Jessica : Merde ce que tu peux être con !

Elle avait craché son dernier mot, complètement enragée.

Jessica : Je veux plus jamais te voir.

 

 

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De retour dans le coin de Queensboro Bridge, encore une fois. Pour y faire la même chose, encore une fois. Elle arpentait le quartier à la recherche de Victoria, voyait quelques filles la fixer d'un oeil mauvais.

Voix : Hey !

Elle se retourna vers la source de cette interpellation.

Un homme, jeune et séduisant, lui faisait face dans toute sa grandeur.

Jessica : Salut. Qu'est ce que tu veux... ?

Homme : Ce que t'as à m'offrir, beauté...

Les foutus clients et leurs surnoms à la con !

Jessica : Et toi, combien tu m'offres ?

Elle le fixa, tout sourire. Une passe relativement facile; Elle en avait baisé des plus laids à L.A.!

Homme : Viens avec moi, je sais où on peut aller... On en discuteras en chemin.

Jessica : Ouais, okay.

Elle le regards, avec ses yeux de biche, entourés d'un trais de khol noir très épais et d'une bonne couche de mascara pour des cils de poupée. Une petite robe noir Versace, sexy, audacieuse, avec un décolleté plongeant et des bottes de cuir qui lui montaient jusqu'aux genoux. Le total look d'une pétasse de luxe.

Il l'emmèna dans une vieille bâtisse pas trop loin d'où ils étaient. L'entrée était dissimulée, l'enseigne indiquait une imprimerie mais dès que Jessica y mit les pieds, elle compris assez vite que l'enseigne était désuète. Un salon décoré avec mauvais goût, un parfum bon marché qui levait le coeur, des chambres alignées...

Elle devait rester calme, ne pas céder á la panique. Elle ne savait pas quoi faire, elle n'avait jamais été dans un endroit pareil. C'était définitivement l'endroit le plus sordide dans lequel elle avait été.

¨ Merde. Un bordel... Mais qu'est ce que je fous ici ? ¨ pensa-t-elle.

Elle le savait, mais se posait quand même la question.

Jessica : Alors, tu me paies combien ?

L'homme la poussa dans une des chambres, ferma la porte et la barra.

Jessica : Qu'est-ce que tu fais ?

Homme : Je te paies le prix que tu veux, ma belle.

Rassurée, elle fit sa besogne, répéta les mêmes gestes, comme á chaque client. Et voilá que trente minutes plus tard, au beau milieu de son job, il lui sort :

Homme : Je crois bien que Fabrizio va être content si tu travailles toujours aussi bien.

Elle se relève, bien au delá d'intriguée.

Jessica : De quoi tu parles ?

Homme : Ca fait une semaine et demie qu'ont te voit rôder dans le coin, tu jases avec Vicky, tu fais le trottoir avec elle, nah ? T'es même allée acheter un peu de smack á Vito ! Elle t'as rien dit, ca m'étonnes.

Jessica : Me dire quoi ?

Homme : Chaque pute qui travaille dans les rues de ce quartier doivent donner un pourcentage á Fabrizio. Le problème est que t'as lui a encore rien donné... Il aimerait bien avoir son poucentage si tu vois ce que je veux dire.

Jessica : Non, en fait le problème, c'est que j'ai pas l'intention de lui payer un centime, tu vois ? C'est moi qui bosse, pourquoi je devrais lui donner de mon cash, hein ?

Homme : Bon okay...

Il prit la robe de Jessica, la lui lanca au visage.

Homme : Tiens, rhabille toi et vas t'en.

Elle enfile sa robe et s'enfuit de cet endroit à la vitesse de l'éclair. C'est la galère, elle n'a pas plus d'argent ni de came. Elle s'est rendue compte trop tard qu'elle se faisait littéralement rouler par un homme dont elle ne savait même pas le nom.

Retour à la case départ, donc. Elle se promenait dans le coin pour se trouver un autre client, essayant de se faire discrète pour éviter les ennuis.

Bon, de nouveau, un client l'accoste et elle lui offre ses services. Une pipe, trente dollars qu'elle a habilement négocié. Le client la répugnait mais elle avait tellement envie d'un peu de dope qu'elle n'avait pas vraiment le loisir de le choisir selon ses critères.

Puis, une quinzaine de minutes plus tard, son précédent client étant assez précoce, elle s'offre à un autre homme pour soixante-quinze dollars. Pas autant qu'elle voudrait, mais elle s'en fout.

Voilà donc cent cinq dollars avec lesquels elle va s'acheter un peu de came. Elle cherche de nouveau Victoria, la seule à être capable de lui en trouver un peu dans le coin.

Elle la trouve juste en avant d'un restaurant Mcdonald's, sortant d'une voiture bleue.

Jessica : Hey Vicky !

Victoria se retourna, reconnut son amie.

Victoria : Snow ! Salut ! Ca va ?

Jessica : Non pas trop... Je veux de l'héro... Je me disais que tu pourrais sûrement m'en trouver !

Victoria : Ouais, on peut aller en chercher chez Vito, si tu veux.

Jessica : Je préfèrerais nettement qu tu y ailles seule...

Victoria : Pourquoi ?

Jessica : Comme mon frère disait toujours, poses pas de questions, t'auras pas de mensonges !

Victoria : Ouais je vois... T'as l'argent ?

Jessica : Oui... Je voudrais en avoir pour un cent.

Elle sorti l'argent de son soutien-gorge et le tendit à son amie.

Victoria : Okay. Attends moi ici, je devrais revenir d'ici une trentaine de minutes, peut-être moins.

Jessica : Ouais, okay.

Lorsque Victoria fut partie, Jessica entra dans le Mcdonald's. Il lui restait cinq dollars des deux passes, ou plutôt trois, qu'elle venait de faire. Son estomac lui réclamait un peu de nourriture depuis plusieurs heures déjà ; Elle n'avait rien avaler, à part du sperme, depuis plus de vingt-quatre heures et bien qu'elle n'avait pas envie de manger, toute ingestion de bouffe lui levant le coeur, elle décida de dépenser son peu d'argent dans un trio Mcdo, question de calmer sa faim.

Plus elle mangeait son cheeseburger bacon, plus le soucis du prochain shoot lui tenaillait les tripes. Elle avait tellement hâte. Enfin quelque chose qui lui ferait un peu de bien ! Elle avalait difficilement chaque bouchée avec l'aide d'une gorgée de coca. Elle avait les mains moites, le coeur qui battait à la chamade. Ses pensées n'étaient dirigées que vers une seule chose, son prochain hit d'héro.

 

 

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Tout le monde, à une exception près, s'étaient réunis au salon pour le retour de Julian. Toute la gang voulait faire la fête pour son retour sauf Jenny qui s'était barricadée à double tour dans sa chambre et qui refusait carrément de parler ou d'entendre parler de Julian.

Julian : Laissez votre maison à des junkies, et voilà le résultat ! Vous auriez pu faire un peu plus attention... Quand je pense que ca m'a coûté pas moins de quatre cents milles dollars pour vous mettre un toit sur la tête et que c'est ca que vous en faites... Je crois que pour la première fois de ma vie, j'ai envie de pleurer !

Tout le monde s'esclaffa, y compris Julian qui préférait en rire que d'en pleurer. Malgré le ton sarcastique que ce dernier avait employé, chacun avait prit la remarque en note même si visiblement, personne ne s'en souciait vraiment. C'était vrai qu'ils avaient probablement tous abusés des bonnes dans cette maison au cours de la dernière année.

Emma : Bah tu nous connais, t'aurais pu prévoir le coup !

Julian : J'avoue ! Déjà en partant, Jenny et toi, vous n'avez pas changées depus vos 13 ans ! Ca fait tellement longtemps que je vous connais, vous êtes toujours aussi délinquantes ! Je me demande même si ca n'a pas empiré avec les années... !

Alex : Hey Jul ! Tu veux une pof ?

Il lui tendit le gigantesque joint, mélange de hash et de marijane.

Julian : OUF ! T'es pas sérieux ? T'as vu la grosseur de ce joint, Al ? La dernière fois que j'ai fumé de l'herbe c'était avec vous... Ca fait longtemps !

Brittany : Allez ! T'as pas le choix, c'est pour fêter ton retour ! Et comme tu dis, il est tellement gros alors comment tu veux qu'on le fume à cinq ? Il faut que tu nous aides !

Il rit une fois de plus.

Julian : Bon okay... Si c'est pour aider des amis dans le besoin... En souvenir du bon vieux temps !

Il prit une bouffée, s'étouffa en voyant les lignes de coke qu'Alex était en train de préparer sur la table basse.

Julian : J'anticipes déjà la prochaine question que l'un de vous va me poser...

Jason : Une ligne, Jul ?

Le jeune homme cala sa tête entre ses bras, découragé.

Julian : Vous le savez, je touche pas à ces merdes ! Jay, m'incites pas au vice, okay ? Je veux avoir les idées claires en tout temps, tu le sais mieux que personne !

Jason : Ouais mais comme on dit, une fois n'est pas coutume !

Bianca : Je dois avouer que je suis assez d'accord... Je sais qu'on se connait pas mais tout le monde fait le party, tu pourrais faire pareil, non ?

Il ne répondit pas mais se leva et sortit son portefeuille de sa poche arrière gauche. Il prit un billet de cent dollars, le roula et s'appocha de la table.

Emma : C'est un oui ? Oh yeeeeeah ! Un bon vieux trip de coke comme avant !

Alex : Ouais, et je paie la ou les tournées pour les intéressés...

Brittany : Je sens qu'on va être complètement défoncés... !

 

 

~  ~  ~  ~  ~

 

 

Victoria et elle s'étaient fait un hit puis, après vingt minutes dans les toilettes parce qu'elle était trop stoned pour faire quoique ce soit, Jessica avait subitement décidé de prendre le chemin du retour vers sa nouvelle demeure.

À deux coins de rue de sa destination, Jessica se sentit soudainement suivie. Elle n'osa pas regarder derrière elle pas même par dessus son épaule. Elle presse le pas, inquiète; Elle a entendu des bruits de pas autre que les siens. Jessica était pétrifiée à cette idée et bien qu'elle n'en avait pas envie, elle vérifia derrière elle dans l'espoir de se rassurer s'il n'y avait personne. Malheureusement, deux hommes plutôt baraqués étaient derrière elle un peu plus loin. Elle ne pouvait distinguer que leur silhouette.

Plus qu'une rue et elle y était. Paniquée, elle se mit à courir lorsqu'elle se rendit compte que les deux hommes la suivaient toujours. Manque de chance, peut-être, les deux types se mirent à courir eux aussi. Lorsque l'un deux l'attrapa par derrière juste devant la maison, elle laissa échapper un cri.

Jessica : Lâchez-moi !! Qu'est-ce que vous me voulez ?

Homme : Moi c'est Tony, je viens de la part de fabrizio.

Dès qu'elle entendit l'accent de son agresseur, elle comprit; Des italiens du coin de Queensboro Bridge.

Homme : Apparement, tu lui devrais some cash, you know ? Cinq cent beaux dollars, a ce qu'on m'a dit...

Jessica : Je l'ai dit à un de vos gars, je ne l'ai pas votre argent, merde ! Foutez moi la paix et foutez le camp d'ici !

Les deux hommes échangèrent un regard, le sourire en coin.

Homme : T'es qu'une puta et tu te permets de nous dire de foutre le camp ? Tu nous prends pour qui au juste /

L'autre homme qui était silencieux depuis le début s'avéra le plus dangereux; Il lui décocha un coup de poing au visage, puis un autre, qui la renversa littéralement sur l'asphalte Cette fois, elle hurla. Ëtendue sur le sol, aveuglée par la douleur au visage, elle ne bougeait plus, espérant qu'ils cesseraient de s'en prendre à elle et partirait. Mais c'était mal les connaitre que de penser ne serait-ce une seconde qu'ils la laisseraient tranquille. Il continua de la frapper, lui asséna quelques coups de pied dans le ventre jusqu'à ce que soudain, quelqu'un lui vint en aide. L'homme fut renversé à son tour par un violent coup de poing de la part de Jason. L'autre type, lui, se faisait tabasser par Julian alors qu'Alex le maitrisait par derrière. Lorsqu'il eut fini de mettre K.O. son adversaire, Jason prit Jessica dans ses bras et la rentra rapidement à l'intérieur. Il alla la déposer sur le sofa sous les regards alarmés d'Emma, Brittany et Bianca. Celle-ci se rapprocha de son amie.

Jessica : Merde !

Bianca : Ouais ca tu peux le dire ! Tu vois maintenant dans quelle merde tu t’es mise ? Allez, montres moi ta bouille.

Bianca approcha sa main du visage de son amie mais celle-ci se dégagea violemment.

Jessica : Ne me touches pas !

Elle avait le visage tuméfié, en sang. Cela lui faisait horriblement mal.

Bianca : Okay, okay... Tu veux que je roule un joint ? Ma mère disait toujours que fumer, ca enlevait le mal...

Jessica : Ouais mais ta mère est une droguée !

Son amie arqua un sourcil, perplexe.

Bianca : Peut-être mais ces temps-ci, t’es pas mal comme elle.

Elle marquait un point; Jessica était aussi dopée que sa mère depuis leur arrivée à New-York.

Bianca : Au lieu de t’enfermer toute seule ou d’aller te promener toujours toute seule tu pourrais faire quelque chose... Je sais pas moi, on pourrait faire des trucs ensemble, comme avant...

Jessica : Y’a rien à faire. Ma vie à moi, c’est la dope et rien d’autre. Qu’est-ce que tu veux que je foute au juste ? Visiter la ville ? Tu es peut-être émerveillée d’être ici et de découvrir plein de choses, mais moi j’ai déjà tout vu. Je suis sortie de la californie, moi, contrairement à toi.

Elle l’avait dit d’une manière méchante, comme un reproche.

Bianca : Y’a jamais rien d’assez bon pour toi, hein ? On peut pas tous être ¨parfaite¨ comme toi !

Jessica : Non je ne le suis pas.

Bianca : Et bien arrête d’agir comme si tu l’étais et que t’étais toujours au dessus de tout, okay ? Parce que moi, j’en ai marre !

 

 

~  ~  ~  ~  ~

 

 

Julian était allée la voir dans sa chambre, question de comprendre les évènements qui venaient de se produirent.

Julian : Jess, c'est ca ?

Entre deux sanglots, elle hocha la tête positivement.

Julian : Qu'est-ce qui s'est passé ?

Jessica : Y'as des personnes qui croient que je dois de l'argent à un gars qui s'appelle Fabrizio. Mais je ne le connais même pas ! Peux tu me dire comment ca se peut devoir de l'argent à quelqu'un que tu connais pas ? C'est im-po-ssi-ble !

Julian : Fabrizio, tu dis ?

Jessica : Ouais...

Julian : Et t'as aucune idée de pourquoi tu lui devrais du cash ?

Jessica : Non...

Elle sourcilla, n'ayant pas l'air de croire à cette dernière réponse.

Julian : Sois honnête, au moins.

Jessica : Hein ?

Julian : Écoutes Jess... Je crois qui a pas une personne ici qui ne m'a pas parlé de toi... Le lien probable est que Fabrizio s'occupe de la prostitution pas trop loin de Queensboro Bridge... Tu serais pas déjà allée dans ce quartier, par hasard ?

Jessica : J'ai rien à te dire !

Julian : Okay, okay... Comme tu veux... Je veux juste te dire que j'ai quelques contacts qui pourrait t'aider et réparer la gaffe qu'on vient de faire en battant les deux gars de Fabrizio...

Malheureusement, ses contacts se faisaient vieux et il ne savait pas s'il pourrait encore les utiliser. Mais nul besoin d'alerter Jessica, il tentait plutôt de la rassurer.

Julian : T'inquiètes, je dirai rien à personne. Je suis muet comme une tombe contrairement à d'autres dans cette putain de maison de fous !

Sur ce, il laissa la jeune fille puis s'en alla un peu plus loin au près d'Alex et de Jason, qui allait certainement avoir un oeil au beurre noir.

Julian : BORDEL ! Je le savais ! Je t'avais dit que je devais TOUJOURS avoir les putains d'idées claires ! On est BEAUCOUP trop défoncés Jay ! On est dans la dèche les gars !

Alex : Oh... Chaque fois que tu nous a dit ca, on a finit dans la merde jusqu'au cou... Qu'est-ce que j'ai pas pigé ?

Julian : C'était deux gars qui travaille pour Fabrizio...

Jay : Ce nom là me dit quelque chose...

Julian : Ouais c'est le gars qui contrôle la prostitution dans le coin de Queensboro Bridge... Tu te souviens pas ? Le gars de la mafia de Britt !

Jason : Ca y est, ca pouvait pas être plus clair... Pour m'en souvenir, je m'en souviens de ce mec là, tu peux en être sûr et certain ! Tout un caĩd celui lá...

Alex : Alors si je comprends bien, on vient de foutre une raclée à deux italiens de la mafia ?!?!

Julian : Ouais ca résume assez bien le problème...

 

 

~  ~  ~  ~  ~

 

 

{Duffy, Hanging on too long}

¨It was just my mistake
Thinking you cared
It was just my mistake
Thinking you’d be there
That you’d be by my side
And that you wouldn’t lie
My mistake

  It was just my false hope
Thinking we’d last
It was just my false hope
Forgot all your past
All those girls you denied
Smashed up hearts hung out to dry
 

I was a fool fo you
Right from the start
I was a fool for you
Hoping for a spark
For some kind of sign
That you would be mine

  I know it’s wrong
Hanging on too long
And I kknow it’s wrong
Hanging on too long
And I need to move on
I’m hanging on too long
¨

Elle était furieuse, même que, furieuse était un euphémisme ! Il s’était battu pour Jessica, l’avais défendue avec une ardeur qu’elle ne lui connaissait pas. Depuis quand s’intéressait t’il seulement á une femme á la fois ? Ce n’était pas son genre et c’est ce qui l’effrayait le plus. Brittany était blessée... Même elle n’avait jamais eu droit á ce traitement de faveur !

Brittany : Mais t’es complètement fou ? Tu viens de te faire casser la gueule pour une pétasse ! T’aurais dû les laisser la battre, peut-être qu’on aurait enfin eu la paix !

Jason : De quoi tu parles, Brit ? Pourquoi tu la laisses pas tranquille ?!

Ca y était; Maintenant, il prenait pour elle.

Brittany : Tout a changé depuis qu’elles sont là ! Bianca est cool mais Jess, je peux pas supporter d’habiter le même endroit qu’elle. Cette fille me pue au nez !

Jason : T’es simplement jalouse ! Et tu le sais, en plus !

Brittany : Pourquoi tu voudrais que je sois jalouse de cette salope là, hein ?

Jason : Arrêtes de la traiter de tous les noms possibles ! Je te rappelle que tu vaux pas mieux qu’elle si tu te bases sur le fait qu’elle fait le trottoir ! T’as surement baiser plus de mec qu’elle après toutes ces années à te vendre le cul !

Brittany : Alors t’es amoureux d’elle, c’est ca, hein ?

Jason : Je suis pas amoureux d’elle ! J’ai jamais été amoureux de personne dans toute ma vie !

Brittany : C’est bon, je crois que cette fois ci, j’ai bien recu le message ! J’ai jamais compté pour toi, hein ? Moi je suis rien, je suis juste la fille qui t’as servie de jouet pendant trois ans !?

Une fois de plus, elle pleurait toutes les larmes de son corps pour lui. Combien de fois était-ce arrivé ? Des milliers de fois, toutes aussi douloureuses les une que les autres.

Et lui, en avait vraiment assez de l’obcession de Brittany à son égard. Il en avait marre de toujours devoir s’expliquer et de devoir ressasser sans cesse les mêmes discussions.

Jason : Britt, si tu n’es pas capable de vivre avec le fait qu’on est plus ensemble, si tu n’est pas capable de me parler d’autres choses que cette conversation perpétuelle à propos de toi et moi, oublie moi pour vrai, je ne voudrai plus te parler ni même te voir, okay ? J’en ai réellement plus rien à foutre de tes enfantillages !

 

~  ~  ~  ~  ~

 

 

Elle cogna doucement; Elle n’entendait pas de bruit de l’autre côté de la porte et craignait que Jason dorme après leur mésaventure.

Pas de réponse. Elle entra quand même. Jason était couché et, visiblement, dormait comme elle l’avait préssenti. Elle tenta tout de même sa chance.

Jessica : Hey...

Il ouvrit les yeux péniblement, grommela quelques mots et s’assit le dos contre le mur.

Jason : Je croyais que tu voulais plus me voir ?

Jessica : Faut croire que j’ai parlé trop vite.

Le visage du jeune homme s’éclaira soudainement.

Jessica : Ca va ? Je veux dire... Ton oeil... Disons qu’il ne t’a pas manqué...

Il se mit à rire.

Jason : Ouais ca va... C’est pas comme si c’était la première fois ! Je me suis battu plus souvent qu’à mon tour, ca tu peux en être certaine. D’ailleurs, toi non plus, ils ne t’ont pas ratée...

Jessica : Ouais, je suis au courant, merci !

Jason : Allez viens...

Il ouvrit les bras, l’invitant ainsi à venir s’asseoir près de lui, ce qu’elle fit sans se faire attendre. Jessica avait la sensation de se sentir toute petite dans ses grands bras forts et protecteurs, la sensation d’être une petite fille pure et inoffensive à qui personne n’a jamais fait de mal... La sensation que même s’il ne dure qu’un instant, toute ta vie elle pourras revivre ce sentiment en fermant les yeux en se remémorant ce moment même si au bout du compte, c’est faux. La sensation qu’à cet instant précis, absolument rien au monde dorénavant ne pourrait lui arriver.

Certain moment ont un goût d’éternité...

 

 

~  ~  ~  ~  ~

 

 

Les gens se font une passion de juger les autres par ce qu’ils sont ou ce qu’ils font. Y comprit elle. Pourquoi est-ce si difficile de laisser vivre ? Pourquoi est-ce si plaisant de voir les autres souffrir ? L’humain est une affreuse créature qui s’amuse à se détruire elle-même. Elle détruit tout ce qu’il y a autour d’elle, sans exception. Petit à petit, elle prend plaisir à démolir ce qu’elle n’aime pas, comme Jessica. Pourtant, ce que l’on n’aime pas ailleurs est très souvent ce que l’on n’aime pas chez soi mais qu’on ne s’avoue pas. Parce que malgré nous, la vérité choque quand on l’a sous le nez parce qu’on a la preuve irréfutable que l’on s’est trompé et c’est loin d’être toujours facile à accepter.

Dans sa vie, elle le sait, elle prendra de mauvaises décisions, prendra les mauvais chemins, sera détestée par des tonnes de personnes et elle mentira des millions de fois. Elle devait apprendre le pardon. Le pardon pour elle-même, pour Jason et pour tous les autres pour qui elle a du ressentiment. Elle sait que si elle ne commence pas à prendre la peine de se pardonner elle-même, il y aura toujours quelqu’un pour lui rappeller qu’elle ne l’a pas fait. Toujours quelqu’un pour lui rappeller qu’elle a fait un pas. Alors elle ne veut pas leur laisser l’occasion de le lui montrer.

Brittany en avait assez de cette vie de débauche même si elle ne connaissait rien d’autre. Elle avait envie de quelque chose de différent. Son environnement la déprimait au plus au point. Elle n’enviait qu’une chose à sa rivale; Le cran qu’elle avait eu de partir de chez elle pour vivre de nouvelles expériences.

Elle savait qu’elle ne pouvait rien changer au passé bien malgré elle. Brittany ne savait pas pourquoi elle se sentait infiniment sereine et comment, en ce moment précis, le 6 septembre 2008 à 4h52 du matin, elle parvint enfin à faire une croix sur ce passé qu’elle craignait tant. Elle se dit qu’un jour, ce ne sera qu’un souvenir qu’elle se rappellera...

Maybe tomorrow...

 

 

~  ~  ~  ~  ~

 

 

Elle était allée faire un client avec Victoria, vu son piètre état, juste avant d’aller voir sa mère. Elle ne pourrait pas tenir le choc d’être en présence de sa mère si elle ne s’était pas piquée auparavant. Bon, ce n’était pas l’idée du siècle, pas plus que celle de se faire reconduire á son rendez-vous par son client. Mais elle n’avait pas le choix; Autrement, elle serait arrivée en retard. Elle lui demanda de la déposer au coin de la rue, le remercia. L’homme lui donna un pourboire et lui demanda son numéro; il avait passé du bon temps, il voulait la revoir. Elle lui dit qu’elle n’en avait pas puis descendit de la voiture.

Lorsqu’elle entra dans la pizzeria, elle repèra facilement sa mère et, à sa grande surprise, son père, Mme. Garner prenant habituellement toujours les même tables dans les mêmes restaurants, Jessica savait déjà où ils se trouveraient. La première phrase que celle-ci dit à sa fille annonca le ton de la discussion qui allait s’en suivre.

Mme. Garner : Apparemment, tu as toujours les mêmes vieilles habitudes dépravées à l’exception près que maintenant tu te fais payer et que tu ne prends plus le temps de te cacher... Tu as une mine horrible, Jessica. Tu as des traces de piqûre sur les bras... Comme lui. Ca fait trois semaines que tu es partie et tu as déjà l’air d’un cadavre ambulant. J’ai déjà vécu l’humiliation une première fois avec ton frère, j’ai pas la force de le revivre encore.

Jessica : C’est tout ce que tu as à me dire, maman ? Et toi papa, qu’est-ce que t’as à me dire, hein ?!

M. Garner : Quand vas tu enfin de décider à avoir une vie normale ?

Jessica : Ah oui ? C’est quoi t’as définition d’une vie normale, papa ?

M. Garner : Habiter chez ses parents au lieu de vivre dans les rue de New-York, aller à l’école au lieu de toujours sécher les cours, être présente mentalement au lieu de toujours te droguer comme une toxicomane !

Jessica : Qui t’as dis que je vivais dans la rue, hein ? J’ai un toit sur la tête, des gens qui me supportent, c’est déjà mieux que de vivre dans un palace avec deux vieux cons !

Mme. Garner : Qu’est-ce qu’on t’as fait pour que tu nous en veuilles autant, Jessica ?

Jessica : C’est de votre faute si Alec est mort et celle de personne d’autre pas même la sienne, okay ? Vous avez ruiner nos vies, personne peut être parfait mais vous voudriez toujours qu’on incarne la perfection ! Je suis loin d’être parfaite et ca, au moins, moi j’en suis consciente. Et toi, papa, toi qui te penses au dessus de tout en tout temps, te souviens tu la fois où tu l’avais frappé et il avait foutu le camp ? Hein, t’en souviens tu ? Personne à part nous quatre l’a su, hein ? Vous qui voulez toujours bien paraître ! Y’a que ca dans vos vie, avoir et paraître !

Elle était loin d’être parfaite, ca, elle le savait. Et la perfection de ses parents l’écoeurait. Mais tout ses reproches par rapport à la perfection se rapprochaient beaucoup de ceux fait par sa meilleure amie quelques heures auparavant. Était-elle en train de devenir comme eux ? Comme elle avait toujours redouté d’être ?

Oui, et elle se détestait autant qu’elle pouvait les détester eux.

M. Garner : Peut-être mais au moins notre vie respecte les règles de la société dans laquelle on vit, Jessica. Au moins, je suis pas drogué du matin jusqu’au lendemain. Au moins, je gagne ma vie honnêtement contrairement à ton frère et toi ! Bon dieu, qu’est-ce que j’ai fait pour mériter des enfants pareils ?

Jessica : Papa, t’es pas mieux qu’un client ! Tu me donnes de l’argent, des vêtements, des bijoux, plein de choses pis en échange, tu voudrais que je t’aime pis que je représente ta définition de la fille parfaite ! Je fais exactement la même chose avec les clients. Ils veulent la fille parfaite avec qui baiser, par qui se faire sucer, et je le fais. C’est moi, c’est mon job et tu pourras jamais rien y changer.

On ne sait jamais ce qui va se produire avant que ca se produise même si on pense le contraire. On est tous de purs inconscients; On est heureux et on croit que tout va bien et en une fraction de seconde, le monde s’écroule et ce bonheur devient lointain. Tantôt, il était à porter de mains, maintenant il est trop loin. Ca ne prend qu’un geste, un mot ou un regard pour détruire quelqu’un. Détruire son bonheur, sa fierté, La vie nous apporte de grandes et de petites joies et elle sait aussi nous apporter toutes sortes de malheur mais c’est lorsque les regrets entrent en jeu qu’il n’y a plus rien à faire.

Et maintenant, en cette seconde précise où Jessica tourna les talons pour ne plus jamais voir ses parents, elle regretta.

But...

Maybe tomorrow...

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